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La semaine dernière, une tentative de monopole de l’importation du thé vert de Chine avait éclaboussé le monde des affaires de notre pays. Dans la suite logique de cette affaire, les importateurs de savon ont eux aussi, décidé de rompre le silence autour d’un fameux protocole signé en décembre dernier entre quelques détaillants et les sociétés nationales productrices de savons sous l’égide du Modérateur État/secteur privé en lieu et place des vrais importateurs. Une autre grogne en perspective.

Les besoins de la consommation nationale de savons sont estimés à 87 000 tonnes pour une production nationale évaluée à 32 850 tonnes, soit un déficit de 54 150 tonnes. Voilà un marché juteux qui fait aujourd’hui, l’objet de convoitises. Ainsi, le 17 décembre dernier, le Bureau du Modérateur de la concertation État/secteur privé conviait en réunion, les producteurs textiles à base de coton, de savon, de sacs en polypropylène et en polyéthylène tissé et autres pour l’examen des projets du protocole d’accord relatifs à la distribution des produits industriels.

Lors de cette rencontre, une copie de protocole a été soumise aux commerçants grossistes importateurs de produits de savon que ont la SODIMA, la SOMAKOFF-SA, la société Djigué SA, la SODRAMTIF et la SOTAF. L’autre partie prenante à ce projet de protocole étant les producteurs de savon (HUICOMA-SA, SODEMA, NOSABA-SARL et SOCIMEX-SARL).

Avec ce protocole, dont la durée est d’une année (janvier à décembre 2010) les importateurs se sont engagés à acheter et à écouler les productions de ces sociétés nationales en savon de toilette, de ménage en morceaux, en liquide et en poudre proportionnellement à leur tonnage à l’importation.

A l’issue de cette période, il sera procédé à une évaluation sur la base du rapport élaboré par le Modérateur de la concertation État/secteur privé. Selon nos sources, les importateurs grossistes ont refusé de parapher le document, au motif que les sociétés nationales produisent du savon de ménage et non de parfumerie qu’ils importent en partie.

Face à ce blocage, le Bureau du Modérateur, décidé à faire signer un document à tout prix avant la fin de l’année, a alors choisi quelques détaillants qui n’étaient même pas présents à la réunion ci-dessus citée pour signer un autre protocole, le 28 décembre. Les trois sociétés qui ont signé ledit protocole avec les producteurs sont la LPPN, la société Boubacar Seydou Bah et fils et la SOGECO.

Mais le hic est que, désormais, pour lever des intentions d’importation de savons à la Direction nationale du commerce et de la concurrence (DNCC), les importateurs doivent être munis d’une attestation d’achat et d’enlèvement de savon délivrée par la Direction commerciale de l’une des sociétés productrices de savons.

Ladite attestation comportera le tonnage acheté ainsi que la valeur conséquente. Faute de ce document, les importateurs ne pourront pas lever les intentions. Voilà un état de fait qui n’est pas du goût des hommes d’affaires qui pensent que cette pratique est contraire à la politique libérale de notre pays. C’est pourquoi, ils invitent le ministère de l’Industrie, des investissements et du commerce à revoir sa stratégie de protection des unités industrielles nationales.

Youssouf CAMARA

30 Juin 2010.