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La cérémonie d’ouverture de ce forum qui s’est déroulée au CRES sous l’égide de Fousseyni Mariko, secrétaire général du ministère de l’Agriculture a enregistré la présence de Cheick Bougadary Bathily, représentant de la FAO, Abdoulaye Dembélé, président de l’Association malienne pour l’irrigation et le drainage (AMID), Adama Sangaré de l’Association régionale pour l’irrigation et le drainage (ARID).

Les participants sont venus du Burkina Faso, du Maroc, de la Côte d’Ivoire, de la France, de la Mauritanie. Dans son allocution, M. Mariko a salué l’ouverture du présent atelier qui s’inscrit au cœur de l’adoption de la loi d’orientation agricole, qui accorde une grande place à la maîtrise de l’eau et au développement des aménagements de proximité.

Selon l’orateur, la petite irrigation permet aux populations en marge de la grande irrigation de satisfaire les besoins en eau des plantes, mais aussi d’accomplir plusieurs autres activités liées à la disponibilité de cette ressource.

Selon lui, les efforts du gouvernement ont conduit à la mise en place d’un programme d’aménagement hydro agricole de 50 000 ha, pour la période 2003 à 2007, dont 2500 ha de bas-fonds.

La stratégie pour y parvenir peut être qualifiée de satisfaisante, avec la création d’un programme national de petits barrages et de bas-fonds, qui avec l’accompagnement des partenaires, pour sa première année d’existence, a permis de mettre en valeur plus de 1 000 ha au moyen de procédures accélérées d’exécution des travaux.

En outre avec l’appui du PASAOP, il a été inventorié près de 5 000 sites potentiels en bas-fonds, sur l’ensemble du territoire. M. Mariko de poursuivre que depuis le début de l’hivernage, l’expérimentation d’un programme de pluies provoquées est en cours.

« Cependant, malgré les efforts consentis par le gouvernement, les partenaires au développement et les populations, la petite irrigation, en dépit de la demande, reste modeste au regard des opportunités technologiques, de création d’emplois, de lutte contre l’exode rural et par conséquent, la lutte contre la pauvreté » a-t-il laissé entendre.

Même son de cloche chez Abdoulaye Dembélé, président de l’AMID qui a ajouté que la petite irrigation permet aux populations les plus démunies d’avoir accès à une eau productive à des conditions relativement plus maîtrisables par elles.

Selon lui, la maîtrise de l’eau en général et l’irrigation en particulier constituent le moyen le plus sûr pour soustraire notre agriculture de l’influence des aléas climatiques et assurer la sécurité alimentaire d’une couche importante de la population.

Quant à Adama Sangaré, de l’ARID, il a affirmé que la sécurisation des productions agricoles dans notre sous-région passe inévitablement par un développement harmonieux de l’agriculture irriguée.

Selon lui, des contraintes diverses et variées se dressent au développement de l’agriculture. Il a cité, entre autres, les difficultés de mobilisation des ressources financières, le coût élevé des aménagements, la mauvaise conception des ouvrages, le faible niveau d’équipement des paysans et l’insuffisance des ressources en eau dans certaines régions.

« Au regard de l’importance que revêt l’irrigation pour la sécurité alimentaire et le développement de l’agro-industrie en Afrique, il est impérieux que des mesures urgentes et diligentes soient prises en vue de lever progressivement l’ensemble des contraintes majeures » a-t-il conclu.

A rappeler que pendant les trois jours que dureront les travaux, une dizaine de communications seront présentées. Il s’agit, du cadre stratégique de l’irrigation dans le contexte malien, le rôle et la place de la petite irrigation dans la sécurité alimentaire en zone sahélienne et de l’Afrique de l’Ouest et le mécanisme de promotion et de valorisation de la petite irrigation.

Enfin ajoutons que l’atelier a pour objet d’ analyser de façon pertinente et sans complaisance la place et le rôle de la petite irrigation, dans la satisfaction des besoins alimentaires et dans la création de richesses, d’analyser les contraintes structurelles, organisationnelles et politiques qui freinent le développement de la petite irrigation et de faire des propositions concrètes pour améliorer la productivité de la petite irrigation et assurer une diffusion large des nouvelles technologies.

Abdoul Karim KONE

05 septembre 2006.