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Si au 19ème siècle, Charles Fourrier, un socialiste utopiste français, critiquait les mœurs de son temps en affirmant que ce qu’on considère comme « la civilisation » n’était que l’asservissement de l’homme par l’homme et non moins une régression de l’Homme, la nouvelle ère technologique que nous vivons, au 21ème siècle, n’est pas si éloignée de ce tableau. Surtout, si on n’en prend pas garde

Aujourd’hui, la technologie a vraiment progressé et on peut dire qu’elle nous facilite la vie de tous les jours. Elle est la marque du progrès et de l’évolution de l’homme.

Cependant, lorsqu’on voit tous les effets négatifs qu’ont les appareils technologiques comme les téléphones portables par exemple, on en vient à se demander si finalement la technologie n’est pas un danger réel pour l’homme?

Sans faire le procès de celle-ci, il est clair que la rencontre, l’intrusion de la technologie dans des sociétés comme la nôtre, ne sont pas exemptes de danger. Ne serait-ce que par le changement dans les rapports sociaux qu’elle introduit. Pour preuve, la télévision et les chaînes internationales ont bouleversé la vie dans les familles, mettant à nue souvent l’intimité dans les foyers. Un phénomène qu’aucun contrôle des programmes n’a pu empêcher. Sans compter la culture « de la distraction » qui éloigne les enfants de la vraie culture, disons de la culture livresque.

Autres effets pervers de l’usage abusif des technologies sur le lien social, c’est le bruit. Évidemment, notre société est connue pour son rapport particulier au bruit. En effet, le son et la couleur, s’ils ne constituent pas les traits distinctifs de notre société, en constituent, indubitablement, des éléments remarquables du quotidien en raison de l’ampleur des fêtes.

Certes, à l’époque ancienne, ces bruits ne pouvaient atteindre une certaine proportion du fait de l’état archaïque des instruments utilisés. Mais de nos jours, il s’avère que la capacité de destruction du bruit est à la hauteur des instruments utilisés. Les chaînes HI-FI, les baffles ultra puissantes, les amplificateurs, tous ces appareils capables de déverser des tonnes de décibels, sans une utilisation consciente et mesurée, causent d’énormes désagréments.

Mais au-delà du bruit qui gène le lien social, la mauvaise utilisation des technologies ou leur abus peuvent rompre le lien social. A ce sujet, l’usage des écouteurs dans les lieux de travail ou dans les transports, est un exemple frappant. Il arrive même que cette « nouvelle race de mélomanes » soit victime d’accident de la route tant elle est coupée de la réalité extérieure avec les oreilles bouchées par ces deux petits machins.

Last but not least, ce sont les téléphones portables. Indéniablement, ils ont facilité la communication et les contacts. Mais leurs avantages semblent à la hauteur des dégâts qu’ils causent. Particulièrement sur les liens sociaux. Combien de mariages ont été brisés, tout simplement, à cause d’un coup de fil hasardeux ou un sms malencontreux ?

Nul ne saurait l’évaluer. Plus grave encore, les portables, en réduisant les distances géographiques, ont élargi la distance sociale. C’est ainsi qu’avec les portables, le contact physique est de moins en moins fréquent, cette chaleur humaine qui est, pourtant, l’essence de la vie sociale.

Pour autant, ce n’est pas tant les technologies que la façon de les utiliser qui est en cause. Ce faisant, nous devons revoir notre façon de nous servir de cette technologie. Car, comme le rappelle le philosophe François Rabelais, « science sans conscience, n’est que ruine de l’âme ».

Mamadou DEMBELE

11 Janvier 2011.