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Près de huit mois après sa nomination comme ministre de l’Agriculture, Tiémoko Sangaré peine à faire bouger les choses au niveau de son département.
Les différentes structures techniques relevant de son département sont en effet victimes de cet immobilisme ambiant. C’est le cas par exemple au niveau de la direction nationale de l’agriculture.

Cette direction n’a plus de «tête» depuis plusieurs mois. L’adjoint qui assure l’intérim depuis le départ à la retraite du directeur général n’a aucun pouvoir de décision.

Il gère seulement les affaires courantes. Or, c’est ce service qui a en charge l’élaboration de la politique agricole, de sa mise en œuvre, son suivi-évaluation ainsi que le contrôle de la campagne. On est donc en droit de se demander comment en l’absence d’un vrai chef, cette direction peut véritablement accompagner l’initiative riz du Premier ministre.


* Hausse du prix des carburants : Une injonction de la Banque mondiale ?

Grâce aux subventions croissantes consenties par les pouvoirs publics, le prix du carburant à la pompe est toujours resté relativement faible au Mali.

Cette mesure sociale bien qu’appréciée par les populations compromettait dangereusement l’atteinte des objectifs budgétaires assignés pour l’année 2008 aux différents services financiers de l’Etat.

C’est le cas par exemple des services des douanes du Mali dont les recettes sur les hydrocarbures c’est-à-dire les produits liquides ont chuté de 10 milliards de F Cfa à 3 milliards seulement.


La raison :
les carburants sont vendus au Mali sans droits de douane ni aucune taxe. Sur le plan même du choix économique de notre pays, ce dirigisme de l’Etat remettait en cause le libéralisme. Ce sont pour ces raisons que les experts de la Banque mondiale ont intimés l’ordre aux autorités maliennes de libérer le prix à la pompe ou de s’exposer le cas échéant à des sanctions.

C’est donc à cause de cette pression que le prix du carburant a connu une hausse de 15 F Cfa le litre depuis la semaine dernière. C’est dire que le mécanisme de stabilisation des prix des carburants est désormais mort de sa belle mort.

* Douanes maliennes : Un vaste mouvement en vue
Le tout nouveau Directeur général des douanes du Mali, le Colonel Amadou Togola, s’apprêterait à procéder à un changement radical dans les sous-directions, les bureaux des douanes, ainsi que les brigades.

De sources sûres, le Colonel Togola a déjà transmis ses propositions à son ministre de tutelle. Les mêmes sources affirment que face à la baisse vertigineuse des recettes douanières le mois dernier (en avril : seuls 10 milliards de F Cfa sur les 25 milliards initialement prévus ont été recouvrés),

le Colonel Togola veut renforcer les structures de contrôle sur le terrain. Pour d’autres, le nouveau directeur des douanes est simplement dans la dynamique d’organiser une chasse aux sorcières contre les responsables douaniers, proches de son prédécesseur, le Colonel Cheick Kéïta.

Toujours est-il que depuis son arrivée à la tête de ce service financier, véritable mamelle du trésor public malien, il ne rassure ni ses collègues douaniers encore moins les partenaires traditionnels des douanes du Mali que sont les opérateurs économiques et les transitaires.

Aujourd’hui, c’est sa démarche même qui est mise en cause et surtout sa frilosité par rapport au traitement de certains dossiers dits sensibles. Pourquoi tant de réserves et de quoi le Colonel Togola a-t-il peur encore ?

Republicain

19 Mai 2008