Partager

De nos jours, la splendeur d’une ville se mesure aussi par le nombre de ses bâtiments de haute taille. Ces édifices qui, par moments, donnent l’incroyable impression de titiller le ciel, provoquent très souvent le vertige chez ceux qui les voient pour la première fois. On les appelle des gratte-ciel.

Le mot est tiré de l’anglais “sky scraper” qui, littéralement, veut dire “escaladeur du ciel“. Généralement, l’on considère qu’il s’agit d’un immeuble de plus de 150 mètres de hauteur. Pour les immeubles compris entre 100 et 150 mètres, certains utilisent l’expression “highrise”, c’est-à-dire “de grande hauteur“. Mais pour désigner un gratte-ciel, la société EMPORIS, qui recense tous les gratte-ciel de la planète, utilise la limite inférieure de 100 mètres. Cette hauteur ne correspond pas à la hauteur maximale de l’édifice, mais plutôt à sa hauteur structurelle, c’est-à-dire que cette hauteur ne prend pas en compte les antennes rajoutées par la suite.

Cependant, la notion de gratte-ciel est essentiellement relative, car ce qui perçu comme un gratte-ciel peut varier en fonction de l’époque ou du lieu. C’est peut-être pour cette raison que la Tour Eiffel n’est pas considéré comme un gratte-ciel, car c’est une Tour d’observation, et non un immeuble constitué d’une juxtaposition d’étages.


Tour traditionnelle

Les gratte-ciel sont traditionnellement construits sous forme de tour monolithique organisée autour d’un noyau central comprenant notamment les voies de circulation verticale (escaliers, ascenseurs…) et les conduites d’eau (eau, réseaux électriques et de communication…). La structure porteuse peut être concentrée dans ce noyau central, ou répartie sur des piliers. Certains édifices ont également bénéficié d’une armature entièrement métallique.

En matière de construction, il existe une rivalité entre les tenants de la construction en acier. Cependant, pour les très grandes hauteurs, l’acier est préféré, car le béton s’avère trop lourd et manque de flexibilité.

La concentration des circulations en un point du bâtiment pose le problème de son évacuation en cas d’urgence, si ces circulations sont rendues impraticables, notamment à cause d’un incendie. De la même manière, la concentration des structures porteuses peut rendre le bâtiment vulnérable si elles sont endommagées.

Un autre problème rencontré en cous de construction est l’éclairage des zones les plus centrales : au delà d’une certaine distance, la lumière naturelle n’est plus suffisante pour qu’on puisse se passer d’éclairage artificiel.


Tours futuristes

Au Japon, les concepteurs ont imaginé des tours de plusieurs milliers de mètres de hauteur, tel que le X-Seed 4 000 qui comprendrait 800 étages qur 4 000 mètres. Le X-Seed 4 000 est un projet de construction futuriste de la Tapei Corporation devant être construit au Japon, à Tokyo. Il culminerait 4 000 mètres de haut et pourrait faire face au Mont Fuji, la plus haute montagne du Japon.

Il reposerait sur une base de 6,5 km de diamètre et possèderait 800 étages. Il ressemblerait à une montagne et abriterait 1,6 million de personnes. Il comprendrait des magasins, des bureaux…, bref, une sorte de ville en hauteur. Mais on ne sait pas vraiment comment bâtir un tel “monstre”, ni le nombre d’ingénieurs qui devraient s’atteler à cette gigantesque tâche.

Cette construction, qui était censée faire face à une croissance démographique excessive, perd pourtant de son sens ; alors que le Japon devrait voir sa population diminuer d’ici 2050. Actuellement, le Japon compte le plus grand nombre de centenaires au monde : plus de 30 000. Le projet ne sera donc probablement jamais lancé, d’autant plus que le coût de sa construction est actuellement évalué entre 3 00 et 9 00 milliards de dollars.


Aux Etats-Unis

Depuis les temps anciens, il existait des bâtiments de grande hauteur. Mais généralement, ce n’était pas des immeubles. Par exemple, la pyramide de Kheops était, en fait un tombeau, bien que sa hauteur atteignît presque… 150 mètres. Au Moyen Age, les flèches de certaines cathédrales dépassaient facilement les 100 mètres de hauteur, tout comme celles de Strasbourg (142 mètres) et de Lincoln (160 mètres, avant son effondrement).

Comme tout bâtiment, un gratte-ciel peut durer 100 ans. Les gratte-ciel de New York, construits durant les années 1890, existent toujours (du moins les plus hauts). Très souvent, un gratte-ciel est détruit pour faire place à un immeuble plus élevé.

Le gratte-ciel proprement dit est né aux Etats Unis vers la fin du XIXè siècle. La reconstruction de Chicago (après le grand incendie) a permis l’émergence d’une nouvelle approche de la construction d’immeubles, afin de réduire les coûts liés à l’augmentation du prix des terrains. Il fallait, en effet, trouver le moyen de se protéger en même temps de l’eau et du feu.

C’est ainsi qu’un certain Baron Jenny fut amené à élaborer un système de structure interne sur laquelle repose tout l’édifice, le mur extérieur n’ayant plus rien à porter. M. Jenny tira également parti de l’invention de l’ascenseur mécanique, notamment de l’ascenseur de sécurité. Par leurs oeuvres et leur influence, les premiers architectes de “l’Ecole de Chicago“ ont créé un modèle de développement urbain qui a caractérisé toutes les villes américaines au XXè siècle.

Il est difficile de dire avec exactitude quel a été le premier gratte-ciel de l’histoire. Mais certains pensent que c’est le New York Tribune Building, dessiné par Richard Morris Hunt. En revanche, il ne fait aucun doute que dès la fin du XIXè siècle, et surtout au début du XXè siècle, ce fut le grand mouvement de construction de gratte-ciel à New York. Avec la construction du New York Building (94 mètres), New York entame son incroyable développement en matière de gratte-ciel.

Dès lors commence une véritable course au plus haut building : Manhattan Life Insurance Builbing (bâti en 1894, 106 mètres), Park Row Building (bâti en 1899, 119 mètres). En 1909, le Metropolitan Life Tower franchit la barre des 200 mètres, mais est finalement dépassé par le Woolworth Building (bâti en 1913, 241 mètres). Le mouvement se poursuit après la première guerre mondiale, par le 40 Wall Street, mais surtout par le Chtysler Building, puis par l‘Empire State Building qui, en 1931, atteint… 381 mètres.

Arrêté par la crise économique des années 1930, le mouvement de construction de gratte-ciel reprend dans les années 1960, à New York et à Chicago et, à un moindre niveau, dans d’autres villes du monde. Ainsi, dès 1973, le fameux World Trade Center de New York devient ainsi le plus haut gratte-ciel du monde avec …417 mètres ! Mais en 1974, il est dépassé par le Sears Tower de Chicago qui mesure 442,3 mètres. Entre ces deux villes, ce fut donc une véritable bataille.


En Asie et dans les Émirats

Dans les années 1990, et surtout 2000, la construction de gratte-ciel reprend de plus belle. C’est en Asie, dans les régions à forte croissance, que le développement des gratte-ciel est devenu plus spectaculaire. Ainsi, de nombreuses tours ont vu le jour ou sont en construction dans le monde chinois.

La Taipei 101, inaugurée en 2004 à Taïwan, est actuellement le plus grand gratte-ciel achevé du monde. Les pays du Golfe, et particulièrement, l’Emirat de Dubaï, ont également multiplié les constructions. Ainsi, le Burg Dubaï devrait avoisiner les 800 mètres de hauteur.

Dans les zones hautement sismiques comme le Japon, la construction d’immeubles de grande hauteur pose de redoutables problèmes de sécurité. Aussi, des systèmes complexes de vérins et de balanciers permettent aux immeubles de garder leur stabilité en cas de séisme.


Oumar DIAWARA

(Source : Le Constructeur)

14 Mai 2009