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La Libye de Mouammar El Khaddafi a remis ça en refoulant, en début de semaine, une centaine de Maliens. Au cours de l’année 2007, ce sont des centaines de nos compatriotes qui ont été expulsés de la libye qui avant d’être rapatriés ont été torturés et emprisonnés au pays de celui qui se considère comme étant le grand apôtre de la construction des Etats-Unis d’Afrique.

Lors du dernier sommet de l’Union africaine, en juillet dernier à Accra, c’est lui Khaddafi qui voulait les Etats-Unis d’Afrique, là, maintenant, et à l’instant. N’a-t-il pas fait remarquer à un chef d’Etat qui avait commis le péché de l’appeler « monsieur le président », qu’il n’a jamais été président mais « Guide » ? Son intention d’aller vite aux Etats-Unis d’Afrique et d’en être le Guide incontestable n’a fait, à cette occasion, l’ombre d’aucun doute.

Nous devons réfléchir davantage sur cet étonnant Guide, cet homme qui veut unir l’Afrique et qui désunit les africains à chaque fois qu’il en a l’occasion, en les chassant de chez lui. Plus que sur les autres, c’est sur les Maliens qu’il semble s’acharner. On a comme l’impression que les Maliens sont particulièrement ciblés chez Kadhafi, l’ami du Mali qui a choisi la ville des 333 Saints, Tombouctou, pour célébrer le Maouloud 2006.

Selon des témoignages, nos compatriotes ont été dépouillés de leurs biens péniblement acquis, torturés et emprisonnés, avant d’être jetés dans un avion en direction du Mali. La Libye les a refoulé sans daigner en aviser le pays de Amadou Toumani Touré où se trouve pourtant une ambassade libyenne. Par cette attitude désinvolte, discourtoise et non diplomatique la Libye veut-elle faire comprendre que les autorités maliennes, elles-mêmes ne sont guère préoccupées par le sort de leurs propres nationaux à l‘étranger ?

Selon notre confrère Info- Matin, les victimes Khaddafiennes sont arrivés « malades, épuisés, écrasés, ne portant qu’un maigre baluchon pour les plus chanceux… ».

Nous devons regarder la réalité en face et nous poser la question: à qui la faute si les les enfants du pays sans cesse prennent le chemin de l’exil ? donc dans plusieurs cas celui de la maltraitance, de l’exclusion, de la marginalisation et meme de la mort.


L’Etat manque de vision

Partir, en soi, n’est peut-être pas mauvais, mais partir à l’aveuglette est desespéré. De plus en plus, ils reviennent comme ils sont partis parfois pire. Cela est contraire à l’esprit qui sous-tendait l’immigration. L’émigration est une tradition séculaire au Mali. Mais de nos jours, au lieu d’être source d’enrichissement, elle n’est que source de précarisation et de malheur à la fois pour les candidats au départ et pour le pays qui les a vu partir.

Où se situent les responsabilités de ce drame que nous vivons, et que vivent nos frères, nos fils qui ont fait le choix de s’expatrier, de partir ? Il s’agit le plus souvent de bras valides, ceux qui se sentent à mesure de relever les défis de la pauvreté. Est-ce le fait d’une absence de perspectives dans ce vaste et riche pays qu’est le Mali? N’est-ce pas à cause d’un manque de vision de nos dirigeants, l’absence d’une exploitation optimale de nos ressources tant naturelles qu’humaines ?

Nous sommes tentés de répondre par l’affirmative. C’est la faute au gouvernement si les Maliens partent sans lendemain et reviennent comme ils sont partis: sans le sou. Les gouvernants que nous avons, plutôt que de penser aux vrais questions de la Nation et de chercher à les résoudre, s’attèlent d’abord à leur propre pérennisation au pouvoir. Ils s’accrochent au pouvoir plutôt que de résoudre les vrais problèmes des citoyens qui s’appellent : éducation, santé, libre entreprise, prospérité économique, sécurité intérieure etc.

Dans un tel contexte, il ne serait pas étonnant de voir d’autres Maliens débarquer de la France, de la Libye ou du Gabon.


B. Daou

14 novembre 2007.