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Le 6 juin 2008, des organisations de la société civile africaine et européenne ont décidé d’organiser une journée d’action contre l’Agence Européenne des frontières (Frontex). En prélude à cette manifestation qui aura lieu à Varsovie en Pologne, l’Association malienne des expulsés (AME) et son collectif de soutien ont animé, le 3 juin 2008, une conférence de presse.

L’Association malienne des expulsés et son collectif de soutien s’associent à la journée européenne d’action pour la suppression de l’Agence européenne des frontières, le Frontex”, a déclaré Ousmane Diarra, Président de l’AME. Le 6 Juin 2008, Varsovie va abriter la première journée d’action contre le Frontex.

Cette journée est organisée par les groupes et réseau européens chargés des questions d’immigration. Ils ont choisi Varsovie parce que c’est la capitale polonaise qui abrite le siège du Frontex. Ils vont y manifester à l’aide de banderoles et des slogans hostiles à la politique de l’immigration que l’Europe est décidée de mettre en place à travers le Frontex.

Selon Ousmane Diarra, cette suppression est une exigence démocratique qui tire sa légitimité dans le refus de plus en plus massif des citoyens d’Europe et d’Afrique, du régime des frontières, de plus en plus restrictif et érigé en mode de gestion politique et économique par l’Union européenne.

Il dira que les conséquences de cette politique xénophobe et raciste se résument à des exclusions massives et violentes des migrants et des réfugiés, entraînant chaque année la mort de milliers de personnes à l’extérieur de la forteresse Europe, dans le Sahara et en méditerranée.

Pour mieux harmoniser sa politique d’expulsion inhumaine et raciste à la limite, l’Union européenne a crée le Frontex, véritable tour de contrôle de la forteresse Europe. Doté d’une grande autonomie d’action, d’un pouvoir étendu et sans aucune obligation de transparence, il n’est soumis à aucun contrôle parlementaire”, a-t-il déclaré.

Avant de révéler que le Frontex a pour mission de coordonner le travail de contrôle des frontières des polices nationales des États membres de l’UE. Il a annoncé qu’entre 2006 et 2007, le Frontex, en accord avec la commission européenne, a participé au refoulement de 53 000 personnes le long des frontières européennes.

Pire, Ousmane Diarra a révélé qu’en 2006, cette structure européenne a mené des opérations en dehors du territoire de l’Union européenne pour empêcher les migrants africains d’atteindre par bateau Lampedusa, les îles Canaries et Malte.

Le Président de l’Association malienne des expulsés a dénoncé tous les moyens que l’Union européenne mobilise pour équiper le Frontex afin qu’il accomplisse efficacement sa mission de barricader l’Europe.

Mais, il est révolté par le fait que l’Europe, en complicité avec certains États africains, vient déployer son dispositif jusqu’en Afrique. “Non satisfait d’installer sa machine à broyer les émigrés sur son territoire, l’Europe utilise des pays du pourtour méditerranéen pour recevoir son dispositif. Ce sont l’Algérie, la Libye, le Maroc, la Tunisie”, a-t-il indiqué.

Il dira même que des pays au sud du Sahara comme le Mali, le Sénégal, la Mauritanie sont mis à contribution pour renforcer la collaboration à la surveillance des frontières afin d’empêcher les jeunes africains de fuir la misère semée en Afrique par la faute de l’Europe.

Il a révélé que d’alléchantes propositions financières, accompagnées de soutien en équipement et à la formation des forces de sécurité sont faites à ces États africains. Il dira que c’est ce qui a poussé des États comme la Mauritanie et le Sénégal à créer des camps de rétention.

En ce qui concerne notre pays, il dira que bien que le Mali n’ait pas encore ouvert des camps de rétention, il a pris toutes les dispositions pour installer des postes d’observation.

Lorsque des associations de la société civile condamnent une pareille institution, nous devons être sur la première ligne”, a-t-il déclaré. Avant d’annoncer que la journée du 6 juin 2008 est le prélude à d’autres mobilisations à travers le monde contre les politiques européennes d’immigration.


Assane Koné

06 Juin 2008