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L’immigration des femmes africaines vers l’Occident ou même certains pays africains prend de l’ampleur. Ce mouvement s’interprète comme la fuite des conditions difficiles de vie et le manque de perspectives dans les pays de départ.

Les femmes tentent de plus en plus la recherche de « l’eldorado ». Des statistiques publiées récemment indiquent qu’un immigrant sur deux dans le monde est une femme. Ces femmes migrantes viennent essentiellement des pays en guerre ou pauvres. L’immigration des Africaines est estimée à plus de la moitié de ce pourcentage.

La motivation de ce départ à l’étranger est la recherche d’un devenir meilleur qui se profilera « certainement » à l’horizon une fois les portes de l’étranger franchies. Tous les moyens sont bons pour fouler le sol du pays ciblé depuis la case de départ, le pays d’origine.

Ici, elles se font facilement avoir par des « trafiquants vicieux », seulement intéressés par l’exploitation financière et matérielle qu’ils pourront faire d’elles. Dans ce registre, l’opinion nationale malienne avait vigoureusement dénoncé l’embarcation illicite de maliennes (de belles demoiselles) vers un certain pays Maghrébin, où elles seraient ensuite utilisées à des fins sexuelles. Avant même le départ, ces charmantes femmes, minées par la pauvreté, touchaient des sommes conséquentes susceptibles de les convaincre d’accepter la proposition.

Certaines personnes citeraient par exemple, des raisons comme le regroupement familial, voire l’asile politique. Mais, ces types d’immigration appartiennent en général à la catégorie de l’immigration légale, alors que c’est l’immigration illégale ou clandestine sur laquelle les postulantes jettent leur dévolu.

Cependant, celles qui optent de leur plein gré pour un départ à l’étranger à travers l’immigration illégale subissent toutes sortes de brimades et s’adonnent à toutes les pratiques « immorales » pourvu qu’elles arrivent à survivre avec à la clé une arrivée à « l’eldorado » tant espérée.

Le plus souvent, elles font l’objet de toutes sortes de scènes qui sortent de l’ordinaire sur le chemin de cette quête du bonheur. C’est ainsi qu’elles se retrouvent dans des zones invivables comme les « gouffres » du Sahara. Des zones marocaines dont Ouzda, une région frontalière avec l’Algérie et Tanger, non loin de l’Espagne en sont des preuves éloquentes du calvaire que vivent ces immigrantes.

Les candidates à l’immigration, mariées ou célibataires, sont violées, méprisées, répudiées, exploitées à des fins inavouées et victimes de toutes sortes de harcèlements de la part non seulement des autochtones des lieux mais aussi de leurs compagnons, dont certains les prennent pour leurs épouses. Tout ça pour être dans les grâces de leurs « protecteurs ».

La crainte d’un avenir sombre

C’est pourquoi, il n’est pas rare de voir des aspirantes à l’étranger porter ou faire des enfants en cours de route. Ce qui complique davantage leur essai et donne lieu à des scénarios inimaginables tant ils sont inédits. « Nous avons quitté Bamako il y a deux ans et avons transité par plusieurs pays dont la Mauritanie et l’Algérie avant de nous retrouver ici. Toutes mes maigres ressources sont finies en cours de route. C’est un compagnon dont je suis maintenant enceinte qui m’a prise en charge depuis la Mauritanie. Nous espérons sur un coup de chance pour enfin goûter au bonheur de l’Espagne », a témoigné une malienne à un confrère français.

Au bout du compte, c’est finalement une poignée d’entre elles qui hument l’air du pays ciblé. Là-bas, elles sont cantonnées dans des services de soins et de mains, généralement refusés par beaucoup de locaux. Un contexte qui arrange bien les employeurs dans la mesure où elles constituent une main d’œuvre très abordable et il n’y a question de rendre compte à qui que ce soit.

A en croire une enquête, « plus de la moitié des femmes immigrées en France travaillent, mais leurs conditions de travail et de rémunération sont pratiquement toujours inférieures à celles des hommes. Pis, leur salaire est inférieur aux salaires des femmes autochtones ». Du côté de l’Espagne, l’emploi de ces Africaines dans les services domestiques répond principalement à une demande économique liée aux stratégies de mobilité sociale des femmes espagnoles, particulièrement à Madrid.

Ce sont ces femmes qui bravent toutes adversités pour envoyer les « maigres sous », nécessaires pourtant dans leurs pays d’origine, pour sortir leurs familles de l’ornière. Elles sont donc utiles, voire indispensables dans le rythme de la galère croissante chez elles. Comme peuvent le témoigner plusieurs de nos familles au Mali.

Toutes choses qui font qu’il n’est jamais question de retourner s’installer dans leurs pays, car étant de l’autre bout, elles bouchent beaucoup de trous et s’ouvrent de bonnes perspectives, ce que, estiment-elles, elles n’ont pas la possibilité de faire à domicile. « Si je rentre au pays, je sais ce que je perds, mais je ne sais pas ce que je vais gagner », soufflent-elles dans la même trompette.

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

12 mars 2008.