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Depuis quelques jours des centaines de candidats à l’immigration en Europe, originaires pour la plupart d’Afrique sub-saharienne, tentent d’infiltrer au péril de leur vie les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla sur la côte nord du Maroc.

Certains ont réussi à passer mais des expulsions ont commencé, d’autres ont été refoulés, certains sont morts dans les opérations et d’autres ont été abandonnés dans le désert au
Maroc. Majoritairement constitués de Maliens, Sénégalais, Camerounais,
Nigérians, Ghanéens, Guinéens, Togolais … ces clandestins connaissent actuellement toutes sortes de sévices.

La police marocaine qui affirme avoir agit par légitime défense a tiré sur des émigrants lors d’un assaut avorté à Melilla. Six personnes sont mortes, tuées par balles ou piétinées par leurs camarades. Des dizaines d’autres personnes ont été blessées par les barbelés qui ceinturent les enclaves de Ceuta et Melilla, portes d’entrée de l’Europe.

L’organisation Médecins sans frontières a signalé plus de 500 immigrants abandonnés dans le désert au sud du Maroc, sans eau ni nourriture, souvent blessés. La communauté internationale assiste actuellement médusée à ce drame humanitaire.

Le Maroc qui se dit lui-même victime de l’immigration clandestine a commencé hier une vaste opération de rapatriement des clandestins vers leurs pays d’origine. Un avion de la Royal Air Maroc s’est envolé d’Oujda, dans le nord-est du pays, à destination de Dakar avec à bord 140 sénégalais.

Les autorités marocaines ont annoncé avoir l’intention d’expulser 600 “ ressortissants sénégalais illégaux ”. Mais ceux-ci ne seront pas les seuls, près d’un millier de Maliens seront aussi expulsés.

C’est pourquoi notre pays a dépêché dès hier le ministre des Maliens de l’extérieur et de l’intégration Oumar Hamadoun Dicko auprès des autorités marocaines à Rabat.

Sept bus transportant un demi millier de Maliens ont gagné dimanche Oujda et deux ou trois autres devraient arriver lundi. Le départ vers Bamako pourrait avoir lieu aujourd’hui ou mardi et se fera sur la base de l’identification et du volontariat ”, a affirmé à l’AFP l’ambassadeur du Mali au Maroc, Moussa Coulibaly. Le Maroc a programmé de refouler 600 Maliens et 365 sénégalais d’ici le mercredi.

Les autorités maliennes ont instruit à l’ambassadeur de “ suivre de près cette situation et d’apporter, le cas échéant, soutien et assistance à nos compatriotes ”.

Ces mots empreints de diplomatie cachent mal le malaise des autorités de Bamako face au drame humanitaire qui se joue sur le territoire marocain.

L’Espagne qui en vertu d’un accord signé en 1992 avec le Maroc a expulsé les clandestins vers ce pays et, s’apprête à entrer en négociation avec le Mali et le Sénégal dans le même but.

F. Traoré

11 octobre 2005.