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Mais nos compatriotes candidats à l’immigration clandestine ignorent, sans doute, ceci : le Maroc, après les événements de Ceuta et Mellila, a verrouillé tous les passages des clandestins sur son territoire.

Nombreux sont encore ceux qui croient que le Maroc constitue une passoire et qu’il suffit de fouler le territoire du Royaume pour entrer en Europe.

Fort de cette conviction, de nombreux compatriotes et d’autres migrants clandestins africains continuent en effet à converger par vagues successives vers le Sahara marocain, ou encore d’autres villes du Royaume.

Aujourd’hui, près de 23 000 clandestins Africains sont bloqués au Maroc. Parmi eux, 10 000 personnes se trouvent dans les localités proches de Ceuta et Mellila.

En clair, ces clandestins constitués en petits groupes rodent autour des deux enclaves, dans l’espoir de passer en Espagne.

D’autres, désespérés, et ayant perdu tout espoir de fouler la « terre promise« , veulent retourner dans leurs pays respectifs.

Mais comment ?

Après Ceuta et Mellila, le Maroc a organisé des vols de rapatriement en direction du Mali et du Sénégal. L’effort financier pour cette opération avait été entièrement pris en charge par les autorités marocaines. Il semble que du côté de Rabat, la note a été salée.

Aujourd’hui, sans le concours des Européens, ce genre d’opération ne peut être rééditée. Et pourtant de nombreux signaux émanent du Maroc pour attirer l’attention de la Communauté internationale sur le flux migratoire et sur la présence d’un nombre important de migrants bloqués dans le Royaume.

Veut-on un autre Ceuta ?

Il est encore temps de l’éviter. En attendant, les Maliens candidats à l’immigration clandestine doivent savoir que le Maroc a considérablement verrouillé les maillons de la chaîne migratoire sur son territoire.

En effet, ce sont au total 29 808 tentatives d’immigration clandestine, dont plus de 21 000 concernant les Africains qui ont avorté en 2005, au Maroc. Au même moment, plus de 480 réseaux clandestins ont été démantelés par les forces de sécurité du Royaume.

Pour cette année 2006, les efforts des autorités marocaines visant à lutter contre l’immigration clandestine se sont intensifiés. Ainsi, durant le premier semestre de l’année en cours, ce sont plus de 6000 clandestins dont plus de 4000 Africains qui ont échoué sur le sol marocain.

En plus, 160 réseaux clandestins constitués de passeurs ont été mis hors d’état de nuire. C’est dire que le passage vers le Maroc devient à la fois périlleux et infranchissable.

Toutes choses que nos compatriotes doivent prendre en compte avant de s’aventurer.

C.H Sylla

18 octobre 2006.