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Des syndicalistes et sympathisants du Réseau éducation sans frontières (RESF) ont manifesté hier jeudi aux abords de l’assemblée générale des actionnaires d’Air France pour réclamer l’arrêt des expulsions d’étrangers en situation irrégulière.

« L’arrêt aux expulsions« , ont scandé les manifestants, dont quelques pilotes en tenue, rassemblés en fin de matinée devant le Carrousel du Louvre, à Paris.

Des représentants du personnel (CGT, CFDT, Sud, Alter et Spaf) ont ensuite remis aux actionnaires une motion réclamant l’arrêt des expulsions des clandestins à bord des appareils de la compagnie.

Ils demandent aux actionnaires « de se prononcer pour l’arrêt de l’utilisation des avions du groupe Air-France KLM pour les expulsions d’étrangers qui nuisent à l’image de la compagnie et à la sécurité des vols. »

Le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap) a salué « cette initiative syndicale unitaire qui entend obtenir que soit marqué un point d’arrêt immédiat à des pratiques intolérables. »

La compagnie Air France avait déclaré mercredi par avance qu’il ne lui appartenait pas de remettre en cause des mesures « prises dans le cadre d’un État de droit. »

« Les mesures d’expulsion sont exécutées par le ministère de l’Intérieur sur la base de décisions administratives ou de justice« , a-t-elle souligné.


Scène de violence ?

Mais Pierre Contessenne, du syndicat Sud aérien, a affirmé que la direction d’Air France avait « tout a fait la capacité de dire au conseil d’administration : en terme d’image de marque bien évidemment mais aussi tout simplement en terme de respect des droits de l’homme, nous n’accepterons plus à bord des avions des passagers expulsés« .

Selon les syndicats, le malaise monte parmi les personnels qui estiment qu’il n’appartient pas à Air France « d’assumer les décisions de justice ou les décisions administratives. »
Ils dénoncent la « brutalité » dont font parfois preuve les forces de l’ordre, affirmant que personnels de bord et passagers « sont les témoins contraints et forcés de scènes d’une extrême violence. »

Le Mrap s’indigne pour sa part de voir que la compagnie n’hésite pas à poursuivre en justice les passagers qui « tentent pacifiquement de s’opposer à la violence disproportionnée des éloignements forcés. »

Une sexagénaire a été ainsi jugée au début du mois à Bobigny, près de Paris, pour avoir protesté contre les techniques employées lors de l’expulsion de deux Maliens lors du vol Paris-Bamako du 28 avril dernier.

La direction de la police nationale a répondu n’avoir constaté que 280 refus d’embarquement sur les 6.000 reconduites d’étrangers en situation irrégulière effectuées au cours des cinq premiers mois de l’année.

« Les expulsions n’ont posé de difficultés que dans 4,6% des 6.000 cas« , a précisé le ministre de l’Immigration, Brice Hortefeux.

13 juillet 2007.