Partager

Surfant en tête des candidats, déclarés ou non, de la droite française pour l’élection présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy, contrairement à ses attentes, n’est pas sorti indemne de son récent périple africain au sein de la classe politique française.

Le président de l’UMP, censée être le parti chiraquien, et ministre de l’Intérieur français, hongrois d’origine, faut-il le rappeler, s’est sérieusement fait remonter les bretelles, après une tournée sur le continent qui a semblé être plus à usage interne qu’un prélude à une remise à plat des relations franco-africaines, par le Président Jacques Chirac, au cours du Conseil des ministres qui a suivi son retour à Paris.

« Pâle de rage« , pour reprendre les termes utilisés par notre confrère Marianne, le quinqua aux dents longues s’est vu asséner quelques vérités amères, comme « la seule solution sérieuse contre l’immigration incontrôlée, c’est le développement des pays les plus pauvres » et, en guise de KO, « tous ceux qui connaissent le sujet savent qu’il n’y a pas d’autre issue…« . C’est dire si l’ambiance était délétère au palais de l’Elysée.

Côté opposition, face à ce que l’on peut qualifier de discours populiste, pour ne pas dire lepéniste, du candidat déclaré à la prochaine élection, le parti socialiste, quoique souffrant des rivalités intestines entre sa pléthore de candidats virtuels, vient d’accoucher d’un projet politique qui n’est rien d’autre qu’un « Plan anti-Sarkozy« .

En effet, pour le PS, la présidentielle prochaine sera un choix de société clair entre « une rupture d’inspiration libérale » et « une modernisation d’inspiration sociale » , d’après Le Monde.

Au menu, l’abrogation de la récente « Loi Sarkozy« , qui durcit les conditions d’accès et de séjour des étrangers en France, entre autres réformes, car le PS est conscient de l’effet abominable causé par le texte, tant auprès de la population hexagonale au fait de ces questions que pour les autorités africaines en poste sur le continent.

Car, contrairement à Sarko qui déclarait (le pensait-il vraiment) que « la France n’a pas besoin de l’Afrique« , qui serait la seule responsable des maux qui l’accablent, les dirigeants de ce parti savent bien que sans le continent noir, la France n’est pas grand-chose.

Si les bras africains en rebutent certains, les ressources de nos sous-sols, de nos fonds marins et nos matières premières en tout genre ne laissent personne, en tout cas aucun pays développé ou émergent qui se respecte, indifférent.

Ramata Diaouré

02 juin 2006.