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Le Maroc entretient avec notre pays des relations séculaires d’amitié et de coopération. Les deux pays ont signé en septembre dernier un accord sur la formation de 500 imams de notre pays au Maroc. C’était à la faveur de la participation du souverain marocain, Mohamed VI, à la cérémonie solennelle marquant le début de mandat du président Ibrahim Boubacar Keïta

La première vague de ces hommes de foi s’envolera dimanche pour le royaume chérifien pour suivre une formation de deux ans. En attendant le départ, elle a été reçue mercredi au Centre islamique de Hamdallaye par le ministre délégué auprès du ministre de l’Administration territoriale, chargé des Affaires religieuses et du Culte, Tierno Amadou Omar Hass Diallo. C’était en présence du ministre de l’Administration territoriale, Moussa Sinko Coulibaly, de ses homologues de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Moustapha Dicko, de l’Education nationale, Mme Togola Jacqueline Nana. Etaient aussi présents l’ambassadeur du Maroc dans notre pays, Hassan Naciri, le président du Haut conseil islamique, Mahmoud Dicko, le prêcheur Ousmane Cherif Madani Haïdara et de nombreux d’invités.

Cette première vague, forte d’une centaine d’imams, recevra dans les écoles et universités marocaines un enseignement religieux de qualité. Nos compatriotes vont acquérir des connaissances sur les préceptes de la religion et le rite malékite pratiqué dans ce pays d’Afrique du Nord. Ils apprendront un islam modéré qui tranche nettement avec l’extrémisme pouvant être à l’origine des intolérances et de menaces réelles pour la liberté de culte et l’harmonie sociale dans nos pays.

Ces imams ont reçu des conseils pratiques des autorités politiques et religieuses. Il leur a notamment été recommandé d’être à hauteur de mission, d’être des modèles dans leurs comportements, mais surtout de demeurer des apprenants humbles.

Expliquant les critères qui ont prévalu au choix de ces imams, l’ambassadeur du Maroc a souligné qu’ils n’avaient pas été faciles mais que les choses se sont déroulées dans la plus grande transparence. Il a exhorté nos imams à rester des bons exemples. « Chacun de vous est un ambassadeur du Mali au Maroc », a rappelé Hassan Naciri.

Le diplomate marocain a aussi souligné le rôle important de l’imam dans la société. Il est la référence, le modèle, a-t-il indiqué avant d’assurer nos imams qu’ils s’en vont dans un beau pays où ils retrouveront l’Afrique, mais aussi l’Europe. « C’est un pays d’islam malékite, d’islam modéré et de dialogue », a précisé l’ambassadeur du Royaume chérifien dans notre pays.

Le ministre délégué chargé des Affaires religieuses et du Culte a rappelé le contexte qui a prévalu à la décision de former ces imams. « Nous devons rechercher un islam éclairé pour sortir de l’obscurantisme. Nous devons retrouver un islam de paix de tolérance, de bonne cohabitation et d’acceptation du droit à la différence », a espéré le ministre Diallo.

D’autres vagues suivront. Rappelons que les imams de la première ont été triés sur le volet. Ils ont été choisis parmi plus de 480 prétendants sur la base de connaissances du Saint Coran, mais aussi de la maîtrise de la langue arabe.

B. DOUMBIA

Essor du 8 novembre 2013.