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Sur la présence de salafistes dans les mosquées de Banankabougou, Baco-Djicoroni, Sabalibougou et autres, la puce a été mise à l’oreille du gouvernement. Mais il n’y a pire sourd que celui qui ne veut point entendre.

Avec l’anarchie ambiante, il n’y a pas de doute que des salafistes se trouvent dans nos murs. Aujourd’hui, à Bamako, les islamistes sont visibles singulièrement dans des mosquées à Banankabougou, Baco-Djicoroni, Sabalibougou, etc. Dans ces quartiers, ils ne se cachent pas. Ils sont identifiables à leur barbe et à leur accoutrement. Le Mali est une passoire dans laquelle passent toutes sortes d’individus mal intentionnés.

La toute-puissance du Haut conseil islamique (HCI) est telle qu’il est impossible d’empêcher ces fous de Dieu et autres apatrides qui viennent au nom de la religion. Mais le problème est qu’ils ne font pas que la religion seulement. Ces islamistes radicaux présents à Bamako depuis un certain temps travaillent au renforcement de la position des occupants du Nord.

Le fait qu’ils soient en rapport avec leurs acolytes extrémistes du Nord devrait inciter nos autorités à suivre leurs activités de près parce que si cela ne se faisait pas, la tâche sera plus rude dans la reconquête des régions occupées.

Les autorités, à commencer par le président de la République par intérim, sont informées de la présence des fous de Dieu. Mais le hic, c’est que jusque-là le président Traoré n’a fait entreprendre aucune investigation pour savoir les mobiles de leur présence. Aussi le gouvernement à travers le ministre de la Défense et son collègue de la Sécurité intérieure et de la Protection civile doit-il privilégier le renseignement à Bamako.

Une chose est sûre : la présence de plus en plus massive des salafistes à Bamako n’est pas anodine. A défaut de perpétrer des actes de sabotage pour le moment, ils sont sans nul doute en train de recueillir des informations sur l’armée, les partis politiques et la société civile pour les transmettre aux occupants des régions du Nord.

Entre-temps, le garant de l’intégrité territoriale ne lève pas le petit doigt.

Mohamed Daou

Les Échos du 01 Novembre 2012