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La crise économique que traverse actuellement le monde entier est, aujourd’hui, à la base de certains comportements fâcheux. Acculées dans leurs derniers retranchements, certaines personnes n’hésitent plus à verser dans des pratiques ignobles, telles que les sacrifices humains, pour sortir la tête de l’eau.

jpg_m-7.jpgC’est justement le cas de Kassim, un mécanicien de Sénou, durement frappé par la crise financière internationale. Ses deux femmes l’ont quitté parce qu’il ne pouvait plus subvenir à leurs besoins.

Il n’y a pas longtemps, Kassim se tirait d’affaire dans son garage. Ses affaires marchaient si bien qu’il n’a pas hésité à prendre, pour deuxième femme, une Ivoirienne. Mais depuis deux ans, le garage bat de l’aile. Kassim a donc été obligé, dans un premier temps, de vendre sa vieille voiture pour acheter une moto Jakarta.

Peu après, il fut contraint de basarder la moto espérant que sa situation allait s’améliorer. Malheureusement pour lui, les choses empirèrent et il fut obligé de fermer le garage pour se débrouiller au bord de la route.

Sa deuxième femme n’en pouvant plus de supporter une telle situation ne trouva mieux que de rentrer chez-elle en Côte d’Ivoire. Peu après, quand Kassim tomba si bas qu’il ne pouvait même plus payer les 10 000 FCFA, représentant le loyer mensuel de sa maison, sa première femme a, à son tour, déménagé avec ses trois enfants chez ses parents.

Acculé dans ses derniers retranchements, Kassim s’est donc tourné vers les marabouts dans le but de remédier à sa situation. L’un d’entre eux lui confia que dans une pareille situation, seul un sacrifice humain est le passage obligé.

jpg_m2.jpgPour renouer avec l’opulence, le marabout lui demanda de sacrifier l’un de ses enfants. Ne pouvant pas prendre, seul, une décision aussi grave, il vint tout d’abord consulter sa femme. Celle-ci ne voulut rien entendre et mieux, elle prit toutes les précautions nécessaires pour protéger ses enfants.

Le lundi 2 février, Kassim, on ne sait pas trop comment, s’était arrangé à se trouver sur le chemin de son enfant de huit ans, à la sortie des classes. Il invita le petit garçon à venir prendre les pièces d’argent qu’il tenait dans sa main. La petite sœur de sa femme attrapa l’enfant par la main et l’entraîna au pas de course à la maison.

Pour la dame, s’en était déjà trop, elle courut au 10e arrondissement rapporter les faits à Macky le lynx.

Kassim fut interpellé puis déféré devant le procureur de la République du tribunal de la commune VI.

Pierre F o’o MEDJO

L’Indépendant de 13 Février 2009