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La scène s’est passée à Lafiabougou. Un homme que tout le monde croyait mort et enterré est revenu à la maison.

H. D., l’homme en question mène des petites affaires devant Malitel. Un beau matin il s’est fait arrêter, à l’insu de sa famille et de ses amis, par un homme et enfermé à la Maison centrale d’arrêt de Bamako pour avoir détourné un portable.

La famille de H. D. qui n’a pas pu être informé de cette arrestation s’est mise à sa recherche trois jours après sa disparition. Les membres de sa famille ont fait le tour de la ville sans avoir le moindre signe de vie de leur parent. Personne ne savait où était passé H. D.

C’est ainsi que son père, accompagné d’un de ses frères, sont allés vérifier à la morgue du Centre hospitalier et universitaire (CHU) Gabriel Touré. Là-bas, ils trouvent trois corps dont l’un ressemblait, à leurs yeux, à H. D.

Le frère de H. D. a beau dire à son père que le corps n’est pas celui de son frère bien qu’il lui ressemble, le vieux ne voulait rien entendre, expliquant que nul plus que lui n’est en mesure de reconnaître le sang de son sang.

Ils ont donc ramené ce corps à la maison et organisé des funérailles qui ont enregistré la présence des voisins, des parents et amis venus de loin. Deux jours après les obsèques, un ami de H. D. avec qui il fait des affaires devant Malitel l’a fortuitement rencontré à la prison quand il était allé rendre visite à une connaissance.

H. D. a demandé à son ami d’informer sa famille de son arrestation. Une fois la nouvelle annoncée à la famille, la sœur aînée de H. D., accompagnée d’un jeune frère, se sont rendus à la Maison d’arrêt où ils verront leur frère qu’ils avaient enterré.

Grâce aux efforts conjugués des membres de la famille, H. D. a recouvré sa liberté mercredi dernier. Les résidents de Lafiabougou n’ont pas cru leurs yeux en revoyant H. D. pétillant de santé et le sourire aux lèvres. Moralité : l’erreur est humaine.

Sidiki Doumbia

Les Échos du 05 Mai 2009