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Le sujet concernant la liberté d’expression continue de faire couler beaucoup d’encre dans nos sociétés et l’éducation occupe une infime place dans les grilles de médias. Pour en parler, nous avons rencontré le journaliste BAH Sogodogo KONÉ, ce sexagénaire journaliste chevronné qui est aujourd’hui à la retraite.  Interview.

Afribone.com: Que signifie pour vous la « liberté d’expression » ? De quelles manières avez-vous la liberté d’expression ? De quelles manières vous n’avez pas de liberté d’expression ?

BAH Sogodogo KONÉ: selon le dictionnaire, la liberté d’expression permet à chacun d’exprimer librement ses idées par tous les moyens qu’il juge appropriés. La liberté d’expression est un principe fondamental du journalisme et du journaliste. Après l’éthique et la déontologie, je dirais qu’elle est l’ossature même de cette profession. Elle permet au journaliste d’exercer son métier en toute liberté, d’être épanoui et de traiter l’information sans censure, ni intimidation et sans diffamer. La liberté d’expression permet au journaliste d’être aguerri et indépendant, de choisir les sujets selon son choix et le traiter sans être canalisé.

La liberté d’expression, nous l’avons lorsque nous sommes maître de notre pensée, lorsque nous diffusons l’information sans suivre des directives de nos responsables. Lorsque nous sommes indépendants dans les organes de presse. Le journaliste ne doit pas être menacé de se taire parce qu’il détient une information d’intérêt public sinon sa liberté d’expression serait en danger. La ligne éditoriale fait aussi que le journaliste est obligé de rester la bouche fermée face à plusieurs sujets. À cela s’ajoute les tentatives d’emprisonnement, d’enlèvement et d’assassinat. 

En outre, cette liberté d’expression ne doit pas être un moyen pour le journaliste de se venger des personnes, de s’acharner contre elles, de s’attaquer à elles et même de les insulter sans raison valable parce qu’on est journaliste. Comme le dit John Stuart Mill « Ma liberté s’arrête là où commence celle des autres ». La liberté d’expression doit aussi avoir des limites.

Afribone.com :      Selon vous, quel rôle les professionnels des médias peuvent-ils jouer dans la promotion d’une plus grande éducation aux médias parmi les consommateurs de médias ?

BAH Sogodogo KONÉ : De prime abord, il faut que les journalistes sortent un peu du cadre institutionnalisé de l’information. Ils doivent s’intéresser aux sujets de société notamment le pan concernant l’éducation. Pour cela, les professionnels des médias doivent penser aux reportages, magazines, enquêtes etc. qui tournent autour de l’éducation. Ils doivent donner une place à la culture de l’éducation dans le journal télévisé et parlé sans oublier le journal écrit.  En plus de ce petit format, les journalistes peuvent penser au format débats en invitant les acteurs de l’éducation notamment les ministres de l’éducation, les recteurs, les proviseurs, les professeurs, les parents d’élèves etc. qui viendront parler de l’éducation et ses problèmes tout en préconisant des solutions.

Les réseaux sociaux touchent de nos jours des millions de personnes à travers le monde, les journalistes doivent également prendre en compte cet aspect de la chose. Ils peuvent créer des podcasts et des débats autour de l’éducation dans l’optique de toucher plus de cibles.

Adama SANOGO

@Afribone