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La fermeté doit être la ligne de conduite de l’émissaire du président par intérim du Mali dans les discussions directes entamées samedi à Ouaga avec les terroristes cachés sous le sigle MNLA. Certains de ces maîtres chanteurs prennent le Mali en otage depuis plus de 20 ans et veulent encore toucher le salaire de cette forfaiture.

Tiébilé Dramé doit leur signifier qu’ils sont un groupe isolé parce que la majorité des Touaregs ne se reconnaît pas en eux ; que malgré leur fanfaronnade, ils restent des Maliens. Qu’en conséquence, les lois du pays s’appliqueront à eux tôt ou tard.

Il doit exiger du médiateur de la Cédéao, le président Blaise Compaoré, l’extradition à Bamako des participants aux pourparlers visés par les mandats d’arrêts internationaux émis par notre justice parce que notre peuple tient à cette entraide judiciaire. Il est déterminé à enterrer l’impunité.

En cas de refus, il doit récuser le médiateur parce que celui-ci ne peut pas être à la fois juge et parti. Le président du Faso ne peut pas se prétendre ami du Mali et offrir gîte et couvert à des bandits qui ont sapé notre État, saccagé nos biens publics, tué « ses » compagnons d’arme, si sa compréhension du mot « frère d’arme » est vraiment noble dans son acception.

L’émissaire doit dire aux bandits que la présidentielle du 28 juillet se tiendra à Kidal en présence des autorités civiles et militaires, que le MNLA et ses pantins le veuillent ou non. Les rapports de force ayant changé sur le terrain, c’est une armée motivée et disciplinée qui se chargera de rétablir l’intégrité du territoire pour les besoins de la cause.

Il doit insister sur la décentralisation et rejeter tout autre statut juridique pour le soi-disant territoire de l’ »Azawad ». C’est vrai que le processus est balbutiant, mais la décentralisation, améliorée et corrigée, reste l’unique voie pour affirmer l’unité nationale et l’intégrité territoriale.

Il doit dire aux enfants égarés que le temps de leurs privilèges est révolu ; que les Maliens sont désormais à égale chance aux recrutements dans la fonction publique, dans l’armée, etc. Après tout, les Bambaras disent que « celui qui fait de son enfant Baba Commandant devra s’attendre à lui payer l’impôt ».

Sous prétexte de délaissement, une infime minorité, profitant de l’incurie ou de la faiblesse des régimes successifs met à feu et à sang le Nord du Mali tous les 10 ans alors qu’ils ont tout à l’œil. Tantôt pour réclamer l’autonomie. Tantôt pour souhaiter un Etat fédéral. Mais toujours avec des relents racistes. Trop, c’est trop !

A travers la chasse aux peaux noires à Kidal, la preuve est faite que les promoteurs du MNLA ne se soucient pas que du développement du Nord. L’épuration ethnique qu’ils ont mise en pratique la semaine dernière est une ségrégation raciale.

Dans le monde des Ntic, même Hitler ne se prendrait plus pour Hitler. Malheureusement, le MNLA et ses soutiens, nostalgiques d’un certain passé haï, ont fait comme l’homme qui a provoqué la 2e Guerre mondiale : en annexant des territoires, en déportant des Juifs au nom d’une prétendue supériorité de la race aryenne.

« Y en a marre » de ces gens-là !

A. M. T.

10 Juin 2013