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Nous aurons toute la latitude de peser encore le pour et le contre du coup d’Etat du 22 mars 2012. Mais une chose est déjà sûre, il a été le révélateur de beaucoup de choses cachées au peuple. Il a mis à nu un système qui se prenait pour le nombril de la terre après s’être autoproclamé chouchou des Républiques qui se sont succédé. L’hyper président finalement a été contraint à la démission après avoir été réduit à sa juste dimension.

ATT nous a bluffés sur notre capacité de défense. Vous vous souvenez de la somptueuse parade militaire du cinquantenaire ? Eh bien, ce jour-là nous avions acquis la certitude que notre sécurité pouvait être ébranlée, mais jamais menacée à ce point. Une vaste fumisterie pour qui sait aujourd’hui le calvaire des populations du Nord, à la merci de bandes armées !

Le fossé entre la troupe et la hiérarchie est tellement grand que la première a dû prendre ses responsabilités. La Grande muette, comme les autres secteurs de la vie socio-professionnelle, est mise en lambeaux par feu le régime ATT. Tout au plus a-t-elle servi de vache laitière pour une partie du commandement, âpre au gain, plus réputé pour ses « performances » économiques que sur le terrain des opérations militaires.

C’est au Mali qu’on rencontre des porteurs d’uniforme milliardaires, propriétaires terriens ou de commerces, capitaines d’industrie sous le couvert de l’anonymat. Quid du mode de recrutement ? Il exclut jusque-là les parents pauvres. Vu la gravité de l’heure, il faut que cela redevienne un engagement volontaire. De toute façon, ils sont des milliers de jeunes patriotes qui ne demandent qu’à défendre la patrie. Même au prix de leur sang. Mais ils sont désargentés. Donc, il faut l’armée de nos besoins réels. Pour rétablir notre souveraineté sur tout le territoire.

Il est illusoire de croire que la tête du serpent coupé, le mal est endigué. Vigilance ! Le système est là, capable encore de malmener le pays. Comme le dirait l’autre, il faut « nettoyer au Karcher » la haute administration, terreau de la corruption, du détournement, de la gabegie, etc. « Soudou Baba » a rarement nommé les gens en fonction des critères normaux. La complaisance en est sa règle. Un autre complot contre la République qu’il faut éventrer : en séparant toutefois le bon grain de l’ivraie.

Il faut une justice assainie. Quitte à radier la moitié du personnel. La paix sociale, l’équité, la confiance en l’Etat passent par le respect strict de la loi par ceux qui doivent l’appliquer. Les nouvelles autorités doivent y tenir comme à la prunelle de leurs yeux, car chacun sait que la justice est un grand corps malade. Ici aussi le feu couve sous la cendre.

Ces trois préalables satisfaits, rien ne peut arrêter le progrès du Mali. N’en déplaise à ceux qui pensent qu’ils sont indispensables et que le pays ne leur survivra pas. Il s’agit de choisir des hommes nouveaux qui savent que nous sommes un peuple qui n’aime pas qu’on joue avec sa dignité, son sens de l’honneur, son attachement à la patrie.

La rupture est là. Engouffrons-nous dans la brèche ! Brisons la loi du silence complice !

A. M. T.

10 Avril 2012