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Que ceux qui rient sous cape après la démission de membres influents du Congrès national d’initiative démocratique (Cnid/Fyt) se le tiennent pour dit une bonne fois pour toutes : quand la brousse n’a pas fini de brûler, un criquet ne doit pas présenter ses condoléances à la famille de son semblable.

Ce qui vient d’arriver au parti du Soleil – autrefois fois – levant n’est certes qu’un épiphénomène, mais démontre suffisamment que rien n’est gagné d’avance pour ceux qui aspirent à un vrai destin national dans ce pays à partir du 8 juin 2012.

Il faut même parier une recomposition très prochaine du paysage aux dépens des partis politiques classiques. Tout sera mis en œuvre au nom de la mutation du Mouvement citoyen en parti politique. Autrement dit, ce n’est que le début du commencement de la descente aux enfers de forces supposées structurées, qui ont un pied dans le gouvernement, mais qui critiquent en aparté la gouvernance actuelle, basée, consentent-elles en sourdine, sur la corruption, l’impunité et tous autres obstacles au développement.

A défaut d’être cassées, elles feront les frais de cette duplicité d’une façon ou d’une autre ne serait-ce par la volonté de Dieu qui déteste la trahison, la médisance… Dans notre démocratie, le poids d’un parti politique n’est-il pas circonstanciel ? Toujours est-il que vous ne pouvez pas être avec quelqu’un, qui vous a fait roi, et le contrarier dans ses projets à la dernière minute. C’est un crime de lèse-majesté, passible de la peine d’éclatement par débauchage.

Par contre, ceux qui ont aujourd’hui le bon bout peuvent s’en donner à cœur joie, chanter et danser même le tube de ce groupe de musiciens zaïrois qui a bercé l’adolescence de bon nombre de Maliens, il s’agit de « Kass-Kass »« On casse tout ».

Ouais, il n’y a peut-être au monde qu’Homère Simpson, héros de BD américaine et personnification de la maladresse, qui perdrait définitivement le pouvoir en Afrique ? Qui a dit qu’il vaut mieux avoir affaire à Dieu qu’à ses saints ? Autant donc passer le témoin à celui qui porte le même maillot mouillé que soi.

Si j’étais eux, j’aurai applaudi à tout rompre le vice-président et le secrétaire général démissionnaires du Cnid qui ont longtemps mangé dans la main de « Baba », qui s’aplatissaient à plat ventre devant lui et qui lui doivent d’être là où ils sont, mais qui le laissent in fine en rade comme on le ferait d’un pestiféré. Les férus de jugements des hommes diront que c’est bien fait ainsi. Le « co-opposant » radical sous Alpha, qui a appelé au changement par la force en pleine démocratie, n’a que ce qu’il a mérité, pourront-ils arguer. Trahison des idéaux du 26 mars ? Trahison = trahison.

Comme on le voit, la politique n’aime pas les fioritures : ce qui est fait est fait, point barre. Après tout, Brutus a poignardé son père, César. Cela n’a pas commencé aujourd’hui et ce n’est peut-être pas demain que cela prendra fin.

Partis politiques, préparez-vous, attention, partez à la… « Kass » pour le MC !

A. M. T.

07 Juin 2010.