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Le président IBK a jeté son dévolu sur Oumar Tatam Ly (OTL) pour conduire le nouveau gouvernement du Mali. OTL devient ainsi le grand patron de l’administration qui doit sortir le Mali du trou de la crise sociopolitique.jpg_une-2103.jpg

Le peuple, qui a presque plébiscité IBK, lui fait confiance. IBK a confiance à OTL. Donc, le peuple doit faire confiance à OTL. Au-delà de ce raisonnement et d’appréhensions somme toute légitimes, il faut reconnaître que l’homme a des atouts à faire valoir à ce poste pour « Le Mali d’Abord ».

Financier issu de la Banque mondiale avant la Bcéao, OTL, grâce à sa connaissance de la procédure internationale, peut vite mobiliser les ressources promises (plus de 2000 milliards de F CFA) pour la reconstruction du Mali par les donateurs. Et comme l’argent est le nerf de la guerre, sa nomination se justifie de ce point de vue.

Néanmoins, il faut que le nouveau chef de l’administration s’éloigne du nid confortable dans lequel se réfugient souvent les PM/banquiers, qui n’aiment pas se mêler des « affaires » des autres, qui bottent en touche leurs préoccupations terre-à-terre, qui n’ont pas de contacts humains réels avec la notabilité, qui boudent – la moue dubitative – l’arbre à palabres aussi. En cette phase de reconstruction, un peu de social peut davantage décrisper l’atmosphère.

De toute façon, le PM doit savoir, qu’au-delà des retombées économiques de la reconstruction programmée, le Malien est un homme traumatisé, qui a besoin d’être aidé psychologiquement, d’être remis en confiance après des années de pratiques basées sur une maladroite tentative de différenciation sociale par le biais de l’enrichissement illicite, du favoritisme, du copinage et surtout de l’impunité pour certains… Vu son âge, on peut dire là aussi qu’il a la taille de l’emploi.

Le Malien sait qu’il n’y a pas de miracle à l’horizon, mais il tient tout de même à sa dignité. Que tous soient donc égaux devant la loi ! Il veut d’un changement positif de comportement. Il veut d’une administration moderne, efficace et équitable au service du citoyen à la place de la machine délabrée, lourde et lente, paresseuse, voire absente, mais qui a paradoxalement fait le bonheur de copains et de coquins. Il veut que l’accomplissement de l’homme malien désormais soit le fruit de son travail acharné.

Pour « Le Mali d’Abord », c’est le moment de valoriser la politique de « l’homme qu’il faut à la place qu’il faut ». L’heure est venue de sanctionner la faute et de récompenser le mérite, de redresser la justice ; de moraliser les dépenses publiques…

Une chose est sûre : quand un chef de gouvernement refuse les pots-de-vin, quand il refuse d’intervenir inopportunément pour ses proches, quand il refuse de marcher sur les plates-bandes de la justice, quand il refuse des lots à usage d’habitation, etc., il trace alors les sillons de la bonne conduite publique. Dès lors, personne ne peut plus dire « je ne le savais pas » le jour où il est pris à défaut.

Alors M. le Premier ministre, aux actes pour « Le Mali d’Abord » !

A. M. T.

Les Echos du 9 Septembre 2013