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Faut-il vraiment attendre la libération du Nord et la proclamation du nouveau président pour ensuite faire face aux autres défis, principalement la lutte contre l’enrichissement illicite des fonctionnaires, le gaspillage des deniers publics, le népotisme, qui sont les causes profondes de notre crise sociopolitique ?

En principe, la réponse c’est non. Mais des esprits malins, alliés du système mafieux d’ATT, croyant abuser sans limites de la naïveté du plus grand nombre, ont tracé un canevas restreint : la libération du Nord et l’élection du président à l’exclusion du traitement à sa racine de la mauvaise gouvernance, le vrai tombeur du Mali. Comme si tout cela ne peut aller ensemble.

Toujours est-il que notre peuple a été et reste victime de la prédation qui se porte encore comme un charme. Copinage, trafic d’influence, impunité, délinquance financière… s’entassent pour ôter sa substance à notre pays. Au Mali, transformé en pays n’appartenant à personne, il n’y a pas que les irrédentismes islamiste et touareg, il y a, à vrai dire, 14 millions et poussières de rébellions contre la loi, les droits et les devoirs.

Six mois après les événements de mars 2012, nous n’en menons pas large. Point de reconquête du territoire occupé, point de président élu. Pourtant, les pratiques malsaines perdurent. L’économie nationale est à terre, mais cela n’empêche pas certains de continuer à vouloir lui faire la peau dans leurs seuls intérêts.

La crise que nous vivons est l’occasion d’affirmer la puissance publique, mais certains de ceux qui tiennent ses rênes s’évertuent à affaiblir l’Etat désargenté. Aujourd’hui, on a porté la débrouille au rang de philosophie de vie qui gangrène toutes les strates sociales. « Son tè pan a den ka ngou nou ma« , disent les Bambaras. Waye ! On ne saurait survoler et que notre enfant se traîne à quatre pattes.

Voilà pourquoi des marchés carabinés ou de gré à gré continuent au su et au vu de tous. C’est la raison pour laquelle il y a toujours main basse de membres d’une « élite » sur des biens meubles et immeubles de l’Etat au profit exclusif de leurs rejetons. Il faut toujours avoir quelqu’un à Koulouba ou en face du fleuve pour être casé malgré des bruits de casseroles.

La gestion du Mali reste une affaire de famille. Et ceux qui nous doivent des comptes n’ont peur ni des rapports du Végal ni de ceux de la Casca ou des inspections générales encore moins des langues pendantes… de la presse.

Il fallait inscrire l’audit de la nation au rang de priorité comme la libération du Nord et l’élection d’un nouveau président et non ces pertes de temps. Zut !

A. M. T.

17 Septembre 2012