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En décrétant sur le terrorisme lors de sa dernière session, le conseil des ministres a quelque peu réparé un oubli qui a déjà coûté cher aux Maliens. Les derniers soubresauts au Nord-Mali prouvent qu’il y avait nécessité de traiter ce mal à la racine. Mieux vaut tard que jamais car, assurément, le fléau n’atteint pas que les autres.

Mais, entre décréter et agir, il y a souvent un fossé grand comme ça. Face au terrorisme, la cherté de la vie, la corruption, les dilapidations de deniers publics ne sont que peccadilles ; il sape la nation en s’attaquant à son héritage fondamental : la cohésion sociale. C’est un arbitraire parce que rien n’autorise quelques individus à semer la terreur pour assouvir des intérêts égoïstes.

En demandant le retrait de l’armée nationale de sa « sphère d’influence », en tuant d’innocentes victimes, Bahanga et compagnie se mettent en marge de la République et doivent recevoir la réponse qu’ils méritent. En posant des mines anti-personnel , ils compromettent le développement, car aucun investisseur avisé ne travaillerait sur un territoire miné en dépit des potentialités dont il regorge.

Et comme la presque totalité des communautés du Nord se sont démarquées, on est en droit de se convaincre qu’on est bel et bien en présence de terroristes qui n’ont aucune miséricorde pour le peuple qui ploie déjà sous les coups de difficultés de toutes sortes. Ailleurs, on ne fait pas de quartier avec les hors-la-loi, ils sont mis hors d’état de nuire : « Œil pour œil, dent pour dent ».

Pourquoi devons-nous être l’exception ? Pourquoi devons-nous accepter une partition du territoire légué par les anciens pour les « beaux yeux bleus » de quelqu’un ? Il est du devoir de l’Etat d’assurer la paix, la sécurité et la quiétude pour tous. Or ceux qui ont mal agi pensent le contraire. Ils estiment qu’ils sont en droit d’en imposer à plus de 11 millions de Maliens, qu’ils peuvent les tuer impunément si la satisfaction de leur désir passe par là.

Trop, c’est trop ! Ce n’est plus une médiation qu’il faut, c’est certainement de fermeté et de courage dont on a besoin. Ceux qui veulent rester dans la République se sont d’ores et déjà contentés du Pacte national et de l’Accord d’Alger qui comportent certes des insuffisances, mais démontrent l’engagement de l’Etat et du peuple maliens à mettre le Nord-Mali sur les rails du développement. Pour les autres, l’application du décret anti-terroriste devra se faire dans toute sa rigueur.

Faut-il pour autant espérer ?

A. M. T.

10 septembre 2007.