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Au Mali, les mères en particulier craignent ce qu’on appelle le « daw », c’est-à-dire les préjugés dit favorables à un enfant. Reconnu beau, intelligent ou même pieux… par son entourage, celui-ci peut voir sa belle « destinée » écourtée par jalousie ou simplement par le fait divin.

Il devrait peut-être en être de même en politique, car notre société enseigne aussi que « sa dogolen dé bè kogo ». Autrement formulé, le serpent doit pouvoir se cacher pour échapper à l’adversité des hommes. En réalité, c’est une parabole qui enseigne l’humilité, la sagesse et condamne la propension au m’as-tu-vu.

Ces beaux enseignements sont-ils en train d’aller à vau l’eau ? Toujours est-il qu’à présent on ne cesse de dire les mérites du chef de l’Etat, sans lequel, semble-t-il, les Maliens seraient encore à l’âge de la pierre taillée. On sasse et ressasse qu’ATT est une chance pour le Mali, si le Mali n’est pas un don de lui. Eskèye ! On feint même d’ignorer que l’argent qui lui permet de bâtir vient du contribuable.

Si cela était et venait du fond du cœur, il fallait avoir peur pour ATT. Mais voyez-vous la plupart des soutiens découlent de la volonté de ceux qui se sont habitués à l’ambroisie et ne peuvent plus s’en passer. C’est un peu l’histoire de l’âne et du miel. Or, tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute.

Si le vote est vraiment secret, pourquoi chanter sur tous les toits, pardon à l’ORT… Koulouba sa préférence pour le président sortant tout en appelant les autres électeurs à faire de même ?

Passe encore que tous ceux qui sont susceptibles de concilier et de réconcilier en cas de pépins optent pour le chef de l’Etat sortant.

Passe que la neutralité de l’administration est désormais sujette à caution. Mais pourquoi diable les enfants et épouses de militaires aussi, si l’armée n’a pas été politisée ?

Les hommes, dit-on, meurent là où sont leurs enfants et leurs femmes. Peut-il en être autrement pour les porteurs d’uniformes ? L’exemple d’un officier supérieur a fait tache d’huile. Mais il y a peut-être déjà péril en la demeure.

A. M. T.

27 mars 2007.