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En emprisonnant, puis en condamnant des journalistes qui n’ont fait que leur travail, le chef de l’Etat et la justice à son service jettent par terre tout ce qui a été acquis comme libertés démocratiques au Mali.

L’éléphant serait-il devenu un tout petit lièvre ? Premier de la classe il y a peu, le Mali, il faut le dire, se retrouve être le « symbolisé », c’est-à-dire le porteur du pendentif à l’effigie âne que le dernier de la classe porte au cou jusqu’à ce qu’un autre bourricot se fasse piéger. Hélas !

Car, il va falloir attendre des lustres pour voir un autre faire pire. Car, jamais en Afrique, un régime n’avait réussi la « prouesse » de mettre en prison, d’un seul coup et sans raison, cinq journalistes.

Voilà pourquoi il ne passe pas de jour sans que la presse internationale n’évoque l’affaire ; que des confrères d’autres pays, expriment leur sympathie. Le Capitole n’est pas loin de la roche Tarpéienne. Hatè ! A présent, le Mali réel est désobligé pour une histoire de « maîtresse » totalement fictive.

Et il en restera toujours ainsi tant que des concitoyens, sachant qu’ils ne méritent pas les places qu’ils occupent mais qu’ils comptent garder envers et contre tous, s’autoriseront à faire plaisir au boss de plus en plus sensible à la louange démagogique.

Pour eux, l’essentiel n’est ni dans le respect de la loi ni dans le discernement, il est de faire plaisir au grand patron. Pour eux, l’image du Mali à l’extérieur n’est que crottin de cheval à côté de celle du prince, qui vaut tous les sacrifices. Pour eux, la démocratie, en définitive, n’est que leurre.

Mais cette fois-ci, ils ont raté leur « coup ». Car la presse sortira vainqueur de l’épreuve qui ne fait que commencer. Pourquoi s’arrêter en si bon chemin si les voies de recours existent pour casser le verdict inique du Tribunal de la Commune III ?

Pourquoi s’arrêter quand le CPJ New York demande la reprise du procès ? Pourquoi s’arrêter étant donné qu’il existe une Cour internationale des droits de l’Homme ? Or pour que la presse gagne à tous les coups, il faut qu’il y ait un vaincu : c’est celui qui a enfin jeté le masque.

A. M. T.

02 juillet 2007.