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Menacé de poursuites pour haute trahison et pour malversations financières, le départ en exil au Sénégal jeudi dernier de l’ancien chef de l’Etat du Mali ne doit pas pourtant signifier arrêt des poursuites à son encontre. Au contraire. Et au cas où il n’y aurait pas d’accord d’extradition entre le Mali et le Sénégal, on pourrait le juger par contumace, c’est-à-dire sans sa présence à la barre. Et comme aucune dissimilation de preuves n’est plus possible avec son éloignement, le terrain est alors balisé pour une instruction béton.

Les accusations portées contre lui sont gravissimes. Elles ne doivent pas passer par pertes et profits. Seul un procès équitable, en bonne et due forme d’ATT, le néo-Wolof sonnera le glas de l’impunité au Mali. Il faut qu’il soit jugé pour l’exemple. Il faut que le peuple sache tout ce qu’il lui a caché pour que plus jamais un président élu ne se croit tout permis. Il faut que la loi s’applique dans toute sa rigueur.

C’est trop facile de mettre le feu à son pays et d’aller se coucher, loin de la catastrophe. Pendant qu’il dorlote ses petits-enfants, qu’il sache que ceux d’autres sont affamés, malades, déscolarisés et exposés aux balles de l’ennemi par sa faute. Pendant qu’il jouit du fruit de la rapine d’Etat, un drame humanitaire se joue au Mali.

Le président déchu a déshonoré son serment de défense de l’intégrité du territoire. Cet acte est une faute trop lourde pour passer comme lettre à la poste. Il croyait mystifier le peuple avec son intox qui a consisté à masquer des défaites militaires par un semblant de devoir humanitaire. Il avait promis une guerre totale. Il n’en a rien été. Il faut qu’il s’en explique.

Quel usage faisait-il du budget de l’armée étant donné que le Mali, entouré par sept pays, a intérêt à préparer sa défense à défaut de préparer la guerre ; or les combattants ont manqué de tout : armes, munitions et reconnaissance de la patrie ? Quelle est la part de responsabilité de ses conseillers militaires dans la fuite sans gloire de l’armée ? Il faut qu’on sache.

L’ancien président doit nous dire pourquoi le bâton de la sanction frappait certains alors que d’autres croquaient la carotte de l’injustice ? Air Cocaïne, l’argent de la drogue et celui des prises d’otages, les immeubles de l’ACI-2000 et de la Cité du Niger et autres quartiers huppés… sont des situations à élucider si nous voulons remettre notre démocratie sur ses pieds. Il faut juger ATT et son système de prédation, de clanisme, d’exclusion… et de banditisme d’Etat pour débarrasser le Mali de la gangrène.

Qui mieux qu’une transition peut nettoyer les écuries maliennes ? La réponse va de soi. « Bè bi babolo » comme le dirait l’autre !

Diéré dief ATT !

AM. T.

Le 23 Avril 2012