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Sur la libération du Nord occupé depuis bientôt 6 mois et la tenue des élections crédibles dans un an, l’actualité relève désormais de la préhistoire. Délaissant ses missions primordiales, la transition botte en touche ses principales raisons d’être et se complait dans la controverse.

Force est de noter une inertie dans le recouvrement de l’intégrité territoriale, mais beaucoup de folklore. Ce dernier procédé, mûri, viserait à disculper l’équipe aux termes du délai imparti parce que rien ne se fait présentement qui tienne compte du temps court d’une transition. Comme les pluies provoquées, on peut croire à un endormissement provoqué du peuple qui ne paye pas, car l’hyperactif PM aurait pu faire bouger les lignes depuis 4 mois qu’il est aux affaires s’il voulait réellement servir le Mali.

C’est vrai que l’héritage laissé par l’exilé de Dakar est lourd à porter, cependant le Premier ministre de « pleins pouvoirs » n’arrête pas de l’imiter. Il tourne autour du pot. Comme l’ancien système, il refuse d’aller au charbon, laissant la partie la plus rude du boulot à d’autres. Entre-temps, il s’est dégoté un passe-temps favori : la provocation en toute circonstance.

Des groupes informels se donnent la peine d’aller au nord pour s’enquérir des possibilités de dialogue avec les occupants, notre « guerrier en chef » se satisfait dans le défi permanent avec des nominations sans objet dans un appareil d’Etat exsangue et des parades à Bamako. En dehors d’une visite à Ségou, nul ne l’a vu ailleurs sonner la mobilisation pour la patrie.

Il refuse de mettre en place le Comité permanent de négociation, suggéré par le président de la République dans son discours de come-back, mais monte rapidement en cachette un comité préparatoire des concertations nationales. Des élections ? Nul ne l’a entendu prononcer ce mot depuis son avènement. Toutefois, il a déjà évoqué la possibilité d’audit des comptes publics, qui ne ressort pas de ses missions strictes.

C’est à croire que le Mali et son Premier ministre n’ont pas le même agenda. Et comme un malheur ne vient pas seul, le président de la République, trop accommodant pour ne pas dire laxiste a, semble-t-il, laissé le PM d’union nationale agir à sa guise. Or, si rien n’est fait pour le sortir de cette indolence calculée, on est parti pour une très longue transition.

A ce train, à l’image des rois fainéants du temps des Mérovingiens en France, on aura vite fait de créer au 21e siècle un souverain indifférent, allant de la Primature au palais de Koulouba en limousine aux frais de l’Etat du Mali désargenté et avec sous sa botte des médias publics formatés à son image.

Le salut de notre peuple pourrait peut-être venir pour une fois de l’Assemblée nationale qui fera œuvre utile : en freinant l’endormissement provoqué pour les besoins d’une cause personnelle.

A. M. T.

03 Septembre 2012