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En principe, la France ne peut pas dire une chose que les rebelles contredisent. Mais quand cela arrive, on peut en déduire qu’il y a anguille sous roche. C’est dire aussi combien les grains de sable sont nombreux pour bloquer la réconciliation au Mali en butte à la rébellion touarègue chaque fois que l’horizon semble s’éclaircir.

A Bamako, pour la fête du 22 septembre, le ministre français de la Défense a tranché en affirmant que « la France n’a pas de position à l’égard de Kidal, mais du Mali ». Vendredi, comme le berger à la bergère, le MNLA, le MAA et le HCUA ont suspendu leur participation au comité de suivi de l’accord de Ouaga, exigeant de nouveaux pourparlers avec le gouvernement.

Le prétexte : « leurs » éléments, faits prisonniers, n’auraient pas été libérés par le Mali. Ils accusent l’Etat de ne pas respecter ses engagements. Une affirmation qui est contraire à la vérité. Le procureur général près la Cour d’appel de Bamako peut démonter aisément cette contrevérité parce qu’il est tout dédié à combattre l’impunité.

En tout cas, ce n’est pas le Mali qui a balancé deux grenades sur des soldats maliens à la BMS à Kidal ou commandité l’attentat suicide de Tombouctou (6 morts), le week-end dernier. Si « violation » il y a, on sait bien d’où elle vient. Cette escalade de violences pourrait être le fait de quelqu’un, qui voudrait maintenir le Mali dans le statu quo.

Le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et le Mouvement arabe de l’Azawad (MAA) se détestent trop pour se retrouver main dans la main, du jour au lendemain, sans directive extérieure. Il doit y avoir un parrain, voire plusieurs parrains pour les mettre ensemble pour faire chanter le Mali.

Fallait-il protester bruyamment contre la présence de Sa Majesté le roi du Maroc à l’investiture d’IBK, le 19 septembre, qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Ce qui est sûr, un axe Bamako-Rabat, fort et attrayant, n’est pas pour plaire à certains. La coopération sud-sud envisagée par le Maroc paraît avantageuse pour nos deux pays. Il convient de la renforcer et de la diversifier, malgré tout.

Victime de calculs diaboliques, la planche de salut pour le Mali pourrait être l’accord de défense avec la France, qui permettrait de résoudre durablement la question touarègue. Ce ne serait cependant pas à l’avantage de notre souveraineté. Le Nord-Mali, réputé pour sa position géographique stratégique, ses ressources minérales et énergétiques, ne serait plus tout à fait le nôtre.

On peut dire que le Mali vit avant l’heure sa malédiction du pétrole, du gaz, de l’uranium… C’est en partie dû à la faiblesse des accords signés entre 1990 et 2006 par les autorités successives, qui ont préféré l’accalmie à la solution pérenne. Ils ont chaque fois réduit un peu plus la présence militaire au nord. Une faute que le président IBK se doit de corriger au mieux des intérêts nationaux alors que le pays est sous tutelle des Nations unies.

C’est la quadrature du cercle.

A. M. T.

30 Septembre 2013