Partager

 » Après lui, c’est nous ! » Ceux qui caressaient l’espoir que le président leur offrirait le pouvoir sur un plateau d’argent parce qu’ils se sont tenus cois pendant ses deux mandats constitutionnels ont maintenant le salaire de leurs « efforts » avec la mise en place effective du Parti du développement économique et la solidarité (PDES, ex-Mouvement citoyen, groupe des amis de longue date du chef).
Ils vont devoir se battre encore plus pour reconquérir la confiance de ce peuple qu’ils ont visiblement perdue. La tâche paraît tellement rude que la majorité des Maliens savent que la plupart des prétendants au fauteuil présidentiel ont participé plus ou moins à la gestion des affaires publiques.

Certes la mode est à l’idéalisation de tout ce qui est fait depuis 2002, mais ils seraient tout aussi comptables de ce qu’on pourrait reprocher au chef de l’État. Quand on s’invite au miel de quelqu’un, il ne serait pas sain de lui tourner le dos parce qu’il n’aurait plus que le fiel à offrir.
La décence commande que la responsabilité des méfaits soit alors partagée parce que bien des girouettes qui scrutent à présent la direction du vent ne devront leur salut qu’au président de la République.

Quel thème mobilisateur vont-ils d’ailleurs découvrir, qui puisse entraîner l’électorat dans leur sillage ? La lutte contre la corruption, l’insécurité généralisée ? Que nenni ! Sauf à avoir la mémoire courte.

Car, en dehors de quelques velléités de l’opposition, réduite à sa plus simple expression, les nombreux partis qui se sont agglutinés à la majorité, occupés à tirer profit de tout, n’ont rien vu ni entendu des souffrances des citoyens.

Ils ont fait comme si tout est clair, net et précis : aucune suggestion ou protestation qui vise à soulager un tant soit peu leurs électeurs. Ils ont même laissé dire dans ce pays que ce qui a été fait depuis 8 ans dépasse les réalisations de toutes les républiques réunies.

Pourquoi donc changer une équipe qui gagne ? Voilà une question/boutade qui pourrait servir d’argument massue de campagne au néo-parti.

D’aucuns avaient prophétisé qu’ils ne discuteraient jamais avec le Mouvement citoyen, ils vont devoir changer d’avis puisqu’il est devenu un parti à part entière, qui ne renoncera pas à sa vocation (la conquête et l’exercice du pouvoir) pour rien au monde. Il va donner des insomnies aux « poids lourds » autoproclamés, les malmener, débaucher leurs militants pour bien s’affirmer.

Les jérémiades, les cris d’orfraie, les bouderies… ne risquent de durer que l’espace d’un matin. Habitués à la douceur mièvre, beaucoup vont rapidement chercher à lui plaire, sinon à rentrer dans les rangs. Le pouvoir fascine. Qui est fou pour se mettre à sa périphérie ?

Au Sénégal, le Parti socialiste a tenu la dragée haute 40 ans durant à l’opposition ; Me Wade, devenu président sur le tard, envisagerait une succession dynastique. En Côte d’Ivoire, sans l’entêtement de Bédié, le PDCI serait encore aux affaires. Le Togo, le Gabon ? Rien que des démocraties à la baguette de fer.

Pourquoi faire bande à part en compagnie des seuls Ghana et Bénin : en lâchant la proie pour l’ombre ? Vive le parti PDES pour que vive la démocratie tropicalisée !

A. M. T.

19 Juillet 2010.