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Faussant les règles du jeu dès l’entame, des partis politiques, qui se prenaient pour des mastodontes, s’alignent respectivement derrière des candidats à la présidentielle de juillet 2013. Sans hésitation ni murmure, mais non sans arrière-pensées.

Peu importe la ligne politique, le projet de société, l’engagement pour les sans voix et surtout l’unité nationale malmenée. Pourvu que les leaders « déserteurs », qui mettent ainsi leur rendez-vous avec leurs militants aux enchères, trouvent leur compte personnel. Ainsi, le schéma qui nous a mis KO refait surface alors que le changement est à portée de main.

En 2007, nous appelions les candidats potentiels à sortir du bois, à se présenter contre le président sortant, ne serait-ce que pour l’argent public engagé à profusion dans ce scrutin. Peu d’entre eux avaient répondu à cette prière.

Au contraire, le plus grand nombre de leaders, y compris l’actuel président, au motif qu’ils se reprochaient quelque faute, s’étaient plutôt agglutinés au sortant comme le feraient les usagers les plus robustes d’une « Sotrama » par une heure de pointe. En fin de compte, ATT était heureux de composer avec les recommandables, les peu recommandables, voire les abominables.

Postes ministériels taillés sur mesure, députés nommés, marchés de gré à gré à tour de bras, placements dans des directions générales et nationales, dans des missions diplomatiques de gens sans référentiel. On voulait une démocratie inédite… Ce fut au finish un « festival des brigands ».

Celui qui se prévalait du score de 71 % pour justifier son « takokelen », à force de laisser la cruche aller à l’eau, a filé à l’anglaise à quelques jours du terme d’un mandat qui pouvait finir en apothéose si on était sincère dès le départ.

Les associés d’hier d’ATT se voyaient incapables de faire mieux ou plus que lui. Il chute et ils veulent maintenant être président à sa place. C’est à ne rien comprendre. Ils croient peut-être que le peuple est amnésique et n’a pas le temps de discerner. Il y a en tout cas une impression de déjà-vu. Est-ce que celui qui a suivi le parcours politique du 8 juin 2007 au 22 mars 2012 peut oublier facilement la véritable cause du chaos dans lequel nous sommes ?

Tout parti politique qui renoncerait à se présenter au 1er tour devrait avoir le courage de restituer l’aide publique destinée à son financement. Si tel n’était pas le cas, c’est aux électeurs de le sanctionner pour faux-bond.

Ce peuple n’a pas le droit d’oublier qu’un programme présenté comme la clef de voûte du Mali n’a pas empêché la dérive. On n’a pas besoin d’Obama malien, de Poutine malien, de Lula malien ni de Desmond Tutu malien. Ce sont des clichés. Il faut juste à Koulouba un Malien qui pense au bien-être du pays, qui agit pour le bien-être de ses concitoyens d’abord et qui veille sur l’unité nationale et l’intégrité du territoire, tout en gardant jalousement les us et coutumes.

Que le peuple n’oublie pas que chaque fois qu’il accepte 2000 F CFA comme prix de son suffrage, un pagne, un T-shirt ou du thé, il vend son pays. Il le livre à ses ennemis, aux pratiques qui font obstacle au développement social humain, à la mafia de la drogue, aux trafics d’influence, aux partages de butin… En un mot, il rouvre la boîte de Pandore.

A. M. T.

25 Juin 2013