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La production de riz dans le cadre de « l’Initiative riz» à Baguinéda n’atteindra pas les 16000 tonnes à cause de l’attaque des plants de riz par des parasites. Le quota a été ramené à 12000 tonnes.

Une production nette de 16000 tonnes pour la campagne 2008-2009 de l’Initiative : telle était l’objectif que s’était assigné l’Office du périmètre irrigué de Baguinéda (Opib). Mais, depuis août/septembre dernier, dans le cadre du suivi de la campagne, une évaluation des techniciens a permis de déceler la présence de maladies dans des champs de riz.

Cette attaque n’est pas sans conséquence sur la production. Elle aura une incidence sur la production de la campagne agricole de l’année en cours. Au lieu de 16000 tonnes, il est prévu 12000 tonnes sur 24000 ha soit 20 % de moins. Une sortie des journalistes sur le terrain a permis d’en savoir davantage.

Les maladies causées sont dues à plusieurs types d’insectes. Il s’agit entre autres du ce-ce-domie africain, un type d’insecte qui empêche le développement du processus normal du riz. Ces insectes ont une croissance très rapide. Le directeur général adjoint, Lassine Dembélé, affirme qu’il suffit de trois à cinq jours de présence sur les feuilles de riz pour que les insectes se multiplient.

Un autre facteur qui explique cette «contre-performance» de la production à Baguinéda, c’est le brunissement des feuilles des plants de riz (quand les feuilles terminales brûlent). Toutefois, M. Dembélé avance une hypothèse ; à savoir que le brunissement des feuilles, peut être lié aux problèmes de carence du sol.

A ces deux facteurs, il faut ajouter le pourrissement des grains de riz qui prennent une teinte noire chose, selon le DGA, qui est rare dans la zone. A l’Office, on attribue cette maladie par les fortes pluies qui s’abattent sur le pays. Elle ont occasionné une absence de luminosité dans les champs. «Quand il y a une grande humidité, c’est à ce moment que les insectes se développent et c’est cette situation qui prévaut ».

Depuis quelques jours, à l’Office il y a plus de peur que de mal. Aussitôt imprégné de la situation, il a mis les bouchés double pour stopper la progression de la maladie. Selon le directeur général de l’Office, Seydou Bassié Touré, la diligence de son service ajoutée à l’appui du service chargé des végétaux et l’IER ont permis de maîtriser le mal.

«La situation est sous contrôle grâce à la convergence des mesures. L’utilisation des produits chimiques, les mesures de salubrité des parcelles, la formation des producteurs dans la manipulation des appareils nous ont été d’un appui inestimable ».

L’Office, selon le DG, n’entend pas se limiter à la prévention. Elle envisage de mettre le cap sur l’avenir en prenant des dispositions.

Sur conseils de l’IER et du service de production des végétaux, l’Office entend, après la récolte, incinérer toutes les pailles et traiter toutes les semences pour que les parasites ne se développent dans le temps et dans l’espace.

En réplique aux mauvaises langues, le DG a affirmé que « l’Initiative riz » est partie sur de bonnes bases à Baguinéda. « Le plan de la campagne a été respecté dans tout l’Office. Il n’y a pas de problème d’eau, d’engrais. A quelques exceptions près la semence aussi ».

Le gouvernement à travers « l’Initiative riz » ambitionne, pour la campagne à venir, de produire 1 618 323 tonnes de paddy, soit une augmentation de 50 % de sa production par rapport à la dernière campagne.

Le résultat, ainsi obtenu, devra permettre de dégager une production de l’ordre d’un million de tonnes, qui couvrira le besoin alimentaire

de riz marchand iI)terne du pays, estimé à 900 000 tonnes par an. Les 100000 tonnes restantes seront commercialisées sur le marché sous-régional concerné par le même problème de flambée.

Amadou Sidibé

(envoyé spécial)

16 Octobre 2008