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Ibrahima Ly nait à Kayes, au Mali, dans une famille dont le père est un prêtre musulman. Il fréquente l’école coranique et française à l’école primaire parlante, ainsi que le Lycée de Terrasson de Fougères à Bamako. Ly prend part à des manifestations étudiantes et s’intéressé aux Marsalais.

Ly étudie les mathématiques à Dakar et poursuit ses études en France en 1959. Il est actif au sein de l’Organisation des étudiants africains (FEANF). De retour au Mali en 1965, il devient enseignant et directeur adjoint du Département des mathématiques à l’École des enseignants de Bamako, puis plus tard professeur de mathématiques à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar.

Il est marié à l’historienne Madina Tall. Son fils Oumar Tatam Ly a été premier ministre du Mali pendant une courte période.

Pendant le coup d’État de 1968, Ly tente de faire campagne pour l’administration du président Modibo Keïta. Il perd son emploi et part pour l’Union soviétique afin de poursuivre ses études. Après avoir obtenu un doctorat de l’Université de Leningrad en 1973, il retourne au Mali, où il retrouve son poste au Collège des enseignants. Ly poursuit ses activités politiques initiées en URSS et fait campagne contre la Constitution de 1974. Il est arrêté en juin 1974 et passe quatre ans en prison à Bamako, à Niono et à Taoudeni.

Il sort de prison en 1978. En 1980, il s’installe au Sénégal, où il travaillera comme professeur d’université et chercheur. Il continue à se présenter contre le régime du président Moussa Traoré en tant que chef du Parti malien pour la révolution et la démocratie (PMRD) et participe à la création du Front national démocratique populaire (FNDP) en 1986. Il meurt d’un cancer deux ans avant la chute du régime de Traoré.

Ibrahima Ly publie son premier roman intitulé Toiles d’araignées, en 1982. Qualifié d’autofiction, ce roman décrit les pénibles conditions de détention vécues sous la dictature de Moussa Traoré, en se basant sur sa douloureuse expérience passée en prison, et constitue une épreuve aux limites de l’humain. L’auteur ne manque pas de dresser un portrait au vitriol de la société malienne, dans laquelle « l’homme est un loup pour l’homme ». Le réalisateur Ibrahima Touré en fera un film en 2011.

Son deuxième roman Les noctuelles vivent de larmes, dont seul paraitra un premier volume intitulé Ténèbres blanches, publié en 1988, va chercher les racines du mal en Afrique esclavagiste précoloniale et s’inscrit dans la même dynamique d’écriture critique. La maitrise de la langue française de Ly, jusque dans ses raffinements les plus extrêmes, donne à cet auteur un style particulier dans sa façon de décrire la nature.

Sa mort prématurée, consécutive aux séquelles de sa longue détention, prive la littérature malienne de l’un de ses plus beaux espoirs.

SOURCE : wikipedia.org