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Le District de Bamako est confronté à de nombreux problèmes qui sont en train de rendre les conditions de vie des populations difficiles. Ces problèmes vont de l’insalubrité à l’insécurité routière, en passant par l’incivisme notoire de certaines composantes de la société fondée sur l’occupation anarchique des espaces publics.

Les autorités successives du district de Bamako ont toutes tenté de trouver des solutions à ces problèmes, mais force est de constater que jusqu’ici les attentes sont grandes. Et depuis, populations et autorités du pays et du district sont préoccupées par ces questions qui rendent la vie dans le District de Bamako difficile.

DES RESULTATS PROBANTS

Il est exagéré d’affirmer que rien n’a été fait pendant tout ce temps car, chaque maire du District de Bamako y a laissé ses empreintes de même que chaque gouverneur. C’est ainsi que nous avons été témoins de la réduction du nombre de vendeurs d’essence en bouteille ou en pompe manuelle au bord des routes, notamment les artères principales.

A cela il faut ajouter la multiplication des efforts qui a conduit au transfert de la gare routière de railda au marché de Médine. Consécutivement à ces efforts soutenus et à l’aménagement de certaines voies d’accès au Grand Marché, nous avons pu constater une légère amélioration de l’image du District de Bamako, se traduisant par plus de fluidité.

LE FONCIER EN PLUS DES AUTRES PROBLEMES

Aussi, de plus en plus, les efforts vont dans le sens de l’assainissement dans le District de Bamako et périphéries. C’est pourquoi nous assistons à la création des dépôts d’ordures çà et là. Mais la demande demeure forte au plan de l’assainissement au même titre d’ailleurs que de l’insécurité routière.

En effet, on se rappelle que les autorités de tutelle du foncier furent obligées un moment de prendre une mesure conservatoire par rapport à l’attribution des parcelles à usage d’habitation. Cette mesure est intervenue après le constat que les cas de spéculations foncières prenaient de l’ampleur et qu’il fallait interdire d’abord le processus en attendant d’avoir des garde-fous en vue d’une moralisation des pratiques et procédures.

LE CAS DE LA COMMUNE IV DU DISTRICT

Et, après trois années de blocage, voilà que le processus a repris, mais, on ne peut affirmer que tout est rose. Au contraire des problèmes demeurent, tel le cas qui défraie ces temps-ci la chronique dans le District de Bamako. Il s’agit précisément du cas d’occupation anarchique d’un espace par un citoyen en commune IV.

Consécutivement à cet état de fait, les populations riveraines sont en effervescence. C’est ainsi qu’elles se sont organisées, puis adressées à un cabinet dénommé Cabinet Fiscal et Cadastral pour protester contre cette occupation anarchique.

DES CORRESPONDANCES ADRESSEES AUX AUTORITES COMPETENTES

Ledit cabinet a, à son tour adressé une correspondance au ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat dont l’objet est<<opposition à la régularisation d’une occupation illicite de place publique>>. Dans ce sens, des correspondances ont été envoyées à plusieurs autres niveaux : au maire de la commune IV du District de Bamako, au Directeur Régional de l’Urbanisme et de l’Habitat, ainsi qu’au Gouverneur du District Ibrahima Féfé Koné.

DES REACTIONS

Face à la situation, des réactions n’ont pas tardé, compte tenu de la colère des populations riveraines contre l’acte d’occupation illicite. C’est ainsi que le Directeur régionale de l’Urbanisme a réagi, expliquant qu’il accuse bonne réception de la correspondance et que les dispositions seront prises pour déguerpir et punir l’intéressé, conformément aux dispositions en vigueur. A cet effet, une convocation a même été adressée par la Direction Régionale de l’Urbanisme et de l’Habitat à M. Bakary Tandia visant l’arrêt immédiat des travaux.

De même, le Gouverneur du District de Bamako a aussi adressé une correspondance au maire de la commune IV pour lui demander que des mesures soient prises afin de démolir la maison construite de façon illicite à Lafiabougou. Soulignons que c’est depuis avril 2007 que Ibrahima Féfé koné avait ordonné la démolition. Ainsi, on a du mal à comprendre que jusqu’ici la situation n’évolue pas.


DES QUESTIONNEMENTS

Alors question : comment comprendre que le Gouverneur du District de Bamako, sachant bien que la décision n’a pas été exécutée ne fasse plus rien pour poser cet acte qu’il avait pourtant pris dans le souci de ramener la paix sociale et la quiétude dans la zone, face à l’opposition systématique des populations riveraines? Faudrait-il en déduire qu’il a renoncé à l’idée de démolition de ladite maison? Si oui, pourquoi? Qu’est-ce qui peut bien expliquer le refus du maire de la commune IV d’ordonner cette démolition?

Ce sont entre autres questions qui préoccupent aujourd’hui nombre de personnes qui suivent avec un grand intérêt ce problème espérant qu’il trouvera un dénouement heureux, surtout qui permet de ramener la paix et la quiétude.

LE GOUVERNEUR ET LA GESTION DES PROBLEMES DU DISTRICT

Le Gouverneur du District de Bamako Ibrahima Féfé Koné, ces temps-ci, est monté sur ses grands chevaux pour dénoncer certaines situations dans le District de Bamako. Au nombre de ces situations, on peut citer entre autres l’incivisme, commerçants et usagers des routes, problèmes liés à l’insécurité de la circulation routière, des efforts tendant à contraindre des citoyens à s’acquitter de leurs impôts entre autres.

En soi, l’ambition est noble, mais de plus en plus, au sein de l’opinion publique nationale, on se demande si l’actuel Gouverneur du District a les moyens de sa politique et ce, en raison du fait qu’en plusieurs circonstances, il donne l’impression d’être un homme indécis.


DES INDECISIONS

En témoigne la prise par lui de plusieurs décisions qui, pendant longtemps, n’ont pu être exécutées, soit parce que lui même prend plus tard une nouvelle décision abrogeant la première. En fait, c’est ce constat qui fait dire que l’on ne peut jurer que l’actuel Gouverneur du District arrivera facilement à ses fins.

D’ailleurs, dans le District de Bamako, il n’est plus un secret pour personne que l’arrêt continuel du fonctionnement des feux tricolores est aujourd’hui pour beaucoup dans la multiplication des cas d’accidents dans le District de Bamako.

ON RECONNAIT L’ARTISAN A L’OEUVRE

Il semble que c’est cela le préalable à toutes les actions d’envergure qu’il pourrait entreprendre visant à améliorer le cadre de vie dans le District de Bamako et partant à restaurer la discipline et à renforcer le civisme dans les rangs des habitants du District. Mais le fait même que le Gouverneur est indécis n’est pas de nature à susciter de l’engouement auprès des populations qu’il fera tâche d’huile. Dans tous les cas, ne dit-on pas que l’on reconnaît l’artisan à l’oeuvre? Le temps nous en dira.

Puisqu’on reconnaît l’artisan à l’oeuvre, il faudra attendre, avec un peu de patience, on saura ce dont le Gouverneur Ibrahima Féfé Koné est capable.

Moussa SOW

18 Février 2008.