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Comme l’on s’y attendait, l’Armée a vite pris le dessus sur le groupe de narcotrafiquants dirigés par l’apatride Ibrahim Ag Bahanga. Après plusieurs semaines de traque menées contre lui et ses mercenaires, l’homme semble de nos jours coincé de tous les côtés.

En effet, abandonné presque par tous les siens, le bandit Ibrahim Ag Bahanga connaît, ces derniers temps, des jours tout à fait sombres. Cela est d’autant plus vrai que même son homme de main, Hassan Fagaga, l’a désavoué, avec la démobilisation intervenue cette semaine.

De sources concordantes, toutes les bases opérationnelles et logistiques de la bande prête à obéir aux fantasmes de Bahanga ont été entièrement détruites et sont désormais sous le contrôle de nos forces armées et de sécurité. C’est là une confirmation de la défaite de cet homme à l’allure d’un diable ou d’un démon.

En effet, tout comme le démon, Ibrahim Ag Bahanga a choisi la voie du sang pour se faire entendre par le gouvernement malien. Tous les appels du Président de la République sont restés vains, comme s’ils n’avaient jamais été entendus par ce petit conducteur de troupeau qui, croyant en sa force, s’était mis dans une position qui n’est ni plus ni moins qu’un défi lancé à l’Armée républicaine.

De revers en revers

Tout est parti de l’attaque de Nampala qui, le 20 Décembre 2008, a vu le grand bandit de Kidal conduire une folle équipée contre le poste militaire de cette localité située à environ 400 kilomètres de Bamako. Le triste bilan faisait état de 8 morts du côté de l’Armée, et de 11 morts du côté des assaillants. Du côté de Koulouba, ce fut l’attaque de trop, la goutte d’eau qui fera déborder le vase.

L’attaque a donc suscité une colère noire du locataire du Palais de Koulouba. “Trop, c’est trop ! Nous ne croiserons plus les bras pour compter nos morts ! ” Avait finalement lancé le Président ATT, suite à cette attaque meurtrière menée par la bande de narcotrafiquants. Le Président de la République décidera alors, par la suite, de joindre l’acte à la parole.

Il passera alors à la vitesse supérieure, car depuis cette déclaration du Chef de l’Etat, l’Armée s’est départie de sa traditionnelle position défensive, pour lancer une offensive tous azimuts contre ces individus considérés par tous comme des traîtres à la partie. La stratégie se révélera d’ailleurs payante, au terme de plusieurs opérations menées contre les bandits armés.

Ainsi, à la veille même de la Fête de l’Armée malienne, à l’issue d’un accrochage, les forces armées étaient parvenues à capturer et faire huit bandits prisonniers. Et parmi eux se trouvait le bras droit de l’apatride Ibrahim Ag Bahanga. Il y a eu ensuite Tin Salak, qui a vu les forces loyalistes saisir armes, véhicules et vivres sur les éléments armés appartenant au groupe dirigé par Bahanga. Par la même occasion, des rebelles sont faits prisonniers.

Mais le plus cinglant revers subi par Ibrahima Ag Bahanga et ses hommes, c’est lorsqu’ils ont voulu tendre une embuscade à une patrouille commandée par Elhaj Gamou, dans les environs de Boureïssa. Bilan de l’escarmouche : 31 morts, 25 prisonniers, dont 15 blessés. Sans compter la saisie d’une importante quantité d’armes de guerre. L’histoire se raconte encore à Boureïssa, car c’est la plus grande perte que l’Armée ait jamais infligée au bandit Bahanga et à ses mercenaires. Dès lors, l’Armée vole de victoire en victoire.

La situation s’est davantage compliquée pour certains proches de ceux qui ont choisi la voie de la violence et de la tuerie, pour vite venir ensuitejouer au sapeu-pompier. C’est peut-être le cas de Mohamed Ag Erlaf qui, en compagnie d’un autre proche (douanier de son état), ramenera à la raison un groupe de bandits appartenant, comme eux, à la même tribu.

Ayant constaté l’étau se resserrer autour de lui, Ibrahim Ag Bahanga n’a eu recours à d’autre stratégie que… d’appeler l’Algérie à la rescousse. Rappelons que depuis le début de cette crise, l’Algérie s’est porté comme le principal médiateur. Etant un homme versatile, le bandit Bahanga, par des acrobaties et des fuites en avant, fera intervenir la Libye, jusqu’au moment où ce pays s’est senti trahi par lui.

Selon nos sources, Bahanga est aujourd’hui rejeté par le Guide lybien qui s’est dit consterner par ses volte-face. Et contrairement à hier, son homme de main, Hassan Fagaga, l’a aujourd’hui désavoué. La confirmation de cette position est faite par le retour, avant hier (17 Févier) d’un groupe de démobilisés dans la ville de Kidal, et où les attendait une délégation conduite par le ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités Locales, le Général Kafougouna Koné.

A la tête de ces hommes qui ont décidé de s’inscrire dans la voie du dialogue pour un retour définitif de la paix, se trouvait justement Hassan Fagaga, considéré, dans les rangs de l’Armée, comme un grand déserteur, en raison de ses multiples actions. Avec ce retour, on peut parier que c’est le commencement de la fin ou de la descente aux enfers de Ibrahim Ag Bahanga.

Laya DIARRA

19 Février 2009