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Depuis mars 2015, l’Association Malienne pour la Défense de l’Environnement (AMDE) œuvre dans la préservation de l’environnement. Ibrahima Traoré, Journaliste-Ecrivain, professeur de Marketing et Président de l’Association Malienne pour la Défense de l’Environnement, explique les raisons de la création de ladite association. AMDE se veut comme une source d’information pour le reste de la population malienne pour le bien-être de tous.

  • Qu’est-ce qui vous a motivé à intervenir dans le domaine de la défense de l’environnement ?

IT : Notre principale motivation est venue d’un constat général. Face à la dégradation de l’environnement, l’insalubrité dans nos quartiers, l’accentuation des maladies liées aux ordures, l’usage excessif des teintures locales, l’incapacité des politiques publiques à mener les actions nécessaires sont autant de raison qui nous ont poussés à agir, à mettre en place une cellule locale de veille environnementale et d’agir en conséquence pour préserver l’environnement en commune I de Bamako. Cet engagement en tant que citoyen écolo nous a conduit à judiciariser nos actions pour asseoir notre légitimité et en tant qu’acteur pour le développement durable et soucieux du bien-être de sa population. Il est important de signaler que les politiques publiques ont échoué, car ils n’ont pas associé de près ou de loin les populations dans le cadre de la protection de l’environnement.

  • Quelle est la partition de votre organisation pour la réussite de cet idéal ?

IT : L’Association Malienne pour la Défense de l’Environnement joue un rôle de lanceur d’alertes c’est-à-dire, nous sensibilisons, informons et alertons les autorités de la commune sur les actes des citoyens qui détruisent l’écosystème. Pour atteindre cet idéal, l’association mène chaque année une campagne dénommée « Sigida Sanuya » dans l’optique de booster les jeunes à s’engager activement pour rendre leur cadre environnemental meilleur et nous le menons de concert avec la mairie et profitons de cet instant pour passer des messages de sensibilisation sur la question environnementale et les inconvénients à laisser place à la dégradation de son milieu. Nous comptons sur un appui sans faille des pouvoirs publics et privés pour renforcer le cadre environnemental dans la commune. Nous comptons également d’ici 2025 pousser l’Etat à interdire les déchets plastiques qui représentent un danger potentiel pour l’environnement, car ayant une durée de vie de plus de 300 ans. Nous voulons nous doter d’une unité de transformation locale pour transformer les déchets plastiques pour construire des écoles suite à une expérience réussie en Côte d’Ivoire et soutenue par l’UNESCO et pourquoi pas ne pas tenter ce genre d’expérience sociale au Mali ?

  • Que préconisez-vous pour une meilleure protection de l’environnement au Mali ?

IT: Il faut que les politiques publiques s’impliquent activement en mettant en place des organes consultatifs pour recenser les besoins et les préoccupations de chaque quartier et y proposer des solutions pérennes pour mieux préserver l’écosystème. Les autorités actuelles doivent s’associer aux populations locales pour mieux expliquer dans son entièreté le concept environnemental, soutenir les initiatives locales, renforcer la sensibilisation dans nos communes en utilisant les médias de proximité pour réussir sa communication environnementale. Les Maliens doivent sortir du « je » symbole de la personnification pour être dans le « nous » symbole de l’union pour mettre en œuvre une réelle dynamique environnementale car dans notre pays l’intérêt personnel est privilégié par rapport à l’intérêt collectif. L’Etat reste et demeure le seul acteur capable de nous propulser vers des horizons meilleurs et assurer l’avenir des générations futures et cela passe par le soutien total aux initiatives locales sur la protection de l’environnement.

Jacques Coulibaly

@Afribone