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La Caisse d’épargne Jemeni a créé une filiale, Jemeni Motors, qui s’est associée à la Coopérative des chauffeurs de taxi pour lancer une opération de renouvellement du parc.

L’opération est montée avec les Iraniens d’Iran Kocro, qui sont arrivés depuis hier à Bamako. Nous avons approché le directeur de Jemeni pour savoir comment tout cela va se passer. Interview.

Les Echos : Qu’est-ce que Jemeni Motors ?

Ibrahim Keno Traoré : Jemeni Moters est une société anonyme qui a essentiellement pour objet l’achat et la vente de véhicules automobiles en partenariat avec la première société automobile d’Iran, Iran Kodro.

Nous avons également pour objet, dans l’avenir, l’assemblage de véhicules au Mali. Jemeni motors est une société créée dans le cadre de l’Ohada et qui a essentiellement deux actionnaires : la Caisse Jemeni et la Fédération des chauffeurs de taxi qui a 12 %.


Les Echos : Comment l’opération est montée et quelles sont vos attentes ?

I. K. T. : La convention a déjà été signée en Iran en avril, lors d’une mission que nous y avions conduite. Cette convention porte sur la commercialisation d’un véhicule particulier appelé « Chamande ».

Jemeni s’est engagé à mettre 500 à la disposition de la Coopérative des taxis courant 2008. C’est une opération qui porte sur 20 000 taxis sur 10 ans.

En plus du contrat de commercialisation de la « Chamande », il y a un contrat de marketing que nous avons signé avec une composante d’Iran Kodro appelée Iran Kodro Diesel pour la vente de minibus, camions, bennes et citernes à hauteur d’un million de dollars sur une année.

Dans le cadre de la mise en œuvre de cette convention, un mémorandum a été signé dans lequel il est dit que les experts iraniens viendront à Bamako pour voir comment mettre en œuvre la convention. Une chose est de donner les véhicules, mais une autre est d’assurer la maintenance.

Les Echos : Quelle est l’implication du gouvernement malien dans ce grand projet de coopération entre Jemeni Motors et les Iraniens ?


I. K. T. :
Le gouvernement malien s’est impliqué à trois niveaux essentiels : la facilitation effectuée par le chef de l’Etat en personne parce que lors des négociations préliminaires, les Iraniens avaient posé comme condition l’engagement des autorités du Mali, accompagner cette autorité de mise à disposition des taxis.

L’Etat a joué un rôle de facilitation très important dans le cadre de la mise en œuvre de cette convention.

L’Etat nous a également assistés dans la négociation, parce que notre délégation a été accompagnée par un conseiller technique du ministère de l’Equipement et des Transports et par l’ambassade du Mali à Téhéran.

Le troisième appui de l’Etat ne s’est pas encore matérialisé, mais a été affirmé net par le secrétaire général de la présidence. Il a dit que même s’il est besoin de garantir financièrement par rapport à ce projet que l’Etat est prêt à accompagner Jemeni.

Le quatrième aspect est que dans la mise en œuvre du second Projet sectoriel des transports, il y a des dispositions prévues au niveau du ministre des Transports concernant l’anneau de Bamako ou les couloirs de bus permettront de faciliter le transport en commun dans le district.


Les Echos : Nous savons que le transport en commun au Mali est très mal organisé. Que comptez-vous apporter comme changement au niveau des ressources humaines ?

I. K. T. : Je viens de vous parler du second Projet

sectoriel des transports. Je crois savoir que l’Etat a prévu dans le cadre de la sécurité routière beaucoup de formation. Nos partenaires que sont les coopératives ont déjà bénéficié d’une 1re session de formation pour améliorer leur conduite dans le cadre du transport en commun. D’autres mesures sont certainement en cours dans ce sens.

Les Echos : Peut-on connaître le coût de l’opération ?


I. K. T. :
Aujourd’hui, c’est une opération commerciale. Le coût pourra varier, mais selon les estimations, 5000 taxis coûteront 1 milliard et demi à deux milliards de F CFA globalement. Ça c’est le prix de véhicules livrés au dernier port iranien.

Propos recueillis par

Alexis Kalambry

02 Juin 2008