Partager

Maintenant nous avons compris une phrase prononcée par le président IBK dans son discours d’investiture. Le président a dit ceci : «qu’il veut faire une véritable politique de réconciliation nationale». Cette phrase est la suite logique de la présence de l’ancien chef d’Etat du Mali, Moussa Traoré et la nomination de M. Zahabi Ould Sidi Mohamed, ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale du Mali dans le gouvernement dirigé par M. Oumar Tatam Ly.

L’acte le plus grave est la nomination de M. Zahabi. Pourquoi ? Parce que M. Zahabi fut membre du bureau des Mouvements unifiés de l’Azawad et le chef du FIA (Front Islamique de l’Azawad). Il avait pris la lourde responsabilité de prendre la tête de son groupe armé pour attaquer le village de Fafa en réaction à une bévue de Diallo, un responsable de Gandakoye qui avait tué des nomades arabes dans le village de Tacharane. Une bévue que tout homme juste ne peut cautionner et que cela ne justifie pas aussi une revanche individuelle.
Sur la route de Fafa, M. Zahabi a fait arrêter au soleil, le vieux chef de village de Tacharane, village situé à 25 km de Gao (paix à son âme).Il a dit ceci : «Si un Noir tue une peau blanche, c’est mille(1.000) Noirs qui vont la payer».

Ici, M. Zahabi rejoint le raciste Pick Botta, un chef politique raciste de l’apartheid de l’Afrique du Sud. Ensuite, nous avons appris que le même Zahabi avait déclaré en Mauritanie en 1996, que «le Mali est le seul pays au monde où les Noirs commandent les Blancs». Nous lui rappelons que le Mali vient du Soudan français et le sens étymologique de Soudan veut dire la terre des Noirs.
L’Afrique même est le continent des Noirs. Un Blanc qui vit au milieu des Noirs, sera commandé par les Noirs.
Pour nous, le président IBK ne doit pas manquer un arabe «birabiche» entre Taoudénit et Kayes pour le mettre au gouvernement au nom de la réconciliation nationale.

Rappels des faits

Zahabi a un sinistre dossier sur son dos et à l époque, le président IBK était le Premier ministre de la République du Mali. Il sait ce qu’il a dit à l’époque. Les Maliens ont en mémoire les propos des uns et des autres, dont ceux prononcés par notre compatriote avocat maître Demba Diallo (paix à son âme). Jusqu’à présent, après l’attaque de Fafa avec ses dizaines de morts, un enseignant de Fafa du nom de Abdelkader Housseïni Diallo a disparu.
Nous avons aussi en mémoire, la mort du chauffeur de l’inspection de l’enseignement fondamental de Bourem, M. Mahamouda (qui est du village de Wani) et d’une femme qui s’appelle Safia (une sœur du député Haïdara Aïssata Alassane dite Chatto) suite à une embuscade tendue par les éléments du FIA (Front islamique de l’Azawad) dont Zahabi était le chef. Ce qui a été très pathétique, a été la libération de l’enfant de Safia après la fin des hostilités de la rébellion. Un enfant qui a été arraché à sa mère par ce terroriste qui occupe aujourd’hui la tête des Affaires étrangères de la République du Mali ; sa nomination est une forme d’impunité. C’est un rappel en l’endroit des organisations internationales qui s’occupent des droits des enfants.

Cette nomination va en contradiction avec le mandat d’arrêt contre les leaders d’Ansar dine, du MNLA, du MUJAO, du HCUA. Parce que, ça peut leur donner une porte de sortie
Il y a des déclarations incendiaires qui n’amènent pas à la paix et à la réconciliation entre les individus et les peuples.
Lorsque, les hommes se querellent, ils doivent laisser la place à la réconciliation et lorsqu’ils s’aiment, ils doivent laisser la place aux hostilités. Ceci est un hadith du prophète de Dieu, Mohamed (salutations et bénédictions sur lui). Nous n’avons rien contre les personnes mais au contraire, contre leurs actes et leurs propos.

Nous avons notre droit d’expression prévue par la Constitution du Mali. Nous l’exprimons. Mais, si notre président a trouvé juste cette nomination, au fond de sa conscience en lui et à notre Seigneur Dieu, c’est bien et que Dieu Le Tout Puissant l’aide. Nous restons vigilants et nous allons critiquer toute tentative de dérive de la part de nos gouvernants.

En ce qui concerne les assises du Nord, nous, nous prônons des assises nationales pour tout le Mali. Il n’y a pas plus à parler d’autonomie pour le Nord. C’est un concept qui peut amener les Maliens très loin. Dès qu’on parle d’autonomie, un jour viendra où on parlera d’indépendance.
Les Maliens doivent emprunter le chemin de la justice. Le problème malien n’est rien d’autre qu’un problème de justice. La justice doit être appliquée avec toutes les règles du droit sur tous les citoyens du pays sans distinction de sexes et de races. Il n’y a pas à parler de concept nord du pays, sud du pays, une fois que la justice est là.
Que Dieu amène la paix dans notre pays.
Amine.

Yacouba ALIOU

L’Inter de Bamako du 16 Septembre 2013