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La Convention des Sénégalais du Mali (CSM) a emménagé dans son nouveau siège à l’Hippodrome sur la rue Dafanga angle 324, à la faveur de la tenue de son assemblée générale dimanche 18 mai 2008. Profitant de l’occasion, le président de la CSM, Ibra Guissé, a bien voulu nous entretenir de ses objectifs et orientations.

Les Echos : Vous venez d’inaugurer le nouveau siège de la CSM. Peut-on savoir les objectifs que vous-vous fixez ?

Ibra Guissé : Notre convention regroupe les Sénégalais vivant au Mali avec comme objectifs de nous regrouper dans le cadre du respect absolu des lois du pays d’accueil ; de prendre part à la vie économique, sociale et culturelle du pays dans le respect de ses us et coutumes.

Nous envisageons aussi de donner à nos militants la formation civique nécessaire en vue de les préparer à participer aux élections de notre pays en ce qui concerne les législatives et la présidentielle. Notre ambition est d’intégrer nos actions à celles de l’ensemble des cadres de la diaspora de l’Afrique et du monde.

Je suis moi-même membre du Conseil supérieur des Sénégalais de l’extérieur. Il s’agit, pour nous, avec l’accord des autorités maliennes, de prendre part à toutes les activités qui concourent au raffermissement de l’unité africaine, particulièrement l’intégration entre le Sénégal et le Mali.
Dans le cadre de l’OMVS, le barrage de Manantali arrose les terres fertiles du Sénégal.

Notre pays parviendra ainsi à assurer son autonomie alimentaire par le fleuve Sénégal au moins à 30 %. La circulation des personnes et des biens dans l’espace Uémoa est quelque chose d’important. La CSM ne concerne pas que les Sénégalais qui sont dans les affaires, mais toute personne quel que soit son domaine d’activité et son niveau de formation.

Notre convention n’hésitera jamais à apporter son soutien au président Me Abdoulaye Wade, qui est en train de faire du Sénégal un pays émergeant. Notre soutien ira aussi au président ATT, car nous vivons mieux au Mali que partout ailleurs.


Les Echos : Vous avez couplé l’inauguration du siège à la tenue de votre assemblée générale. Quelles sont les résolutions qui en sont issues ?

I. G. : L’une des résolutions importantes de nos travaux est le développement de la microfinance. Nous invitons nos autorités, à travers le ministère en charge de la Microfinance, d’aider ceux des nôtres qui ont des projets.

Nous avons pensé à créer des mutuelles tant à Bamako que dans les villes de Sikasso, Ségou, Kayes, Koutiala. Seules les caisses de micro-crédit que nous voulons créer en rapport avec la mutuelle vont nous permettre de venir en aide à des compatriotes.

Parce que dans la mutuelle, quel que soit votre niveau de cotisation, vous êtes solidairement pris en compte. Ce point a été principalement défendu par les femmes de notre convention.

Le Mali est déjà reconnu comme étant l’un des pionniers dans le domaine et son expérience ne nous fera pas défaut. Les femmes, les vieux, les jeunes, tout le monde s’intéresse au rayonnement de la microfinance au Mali grâce au soutien canadien.

Je souhaite, que dans mon pays, le système soit vulgarisé et qu’on apporte l’assistance nécessaire à la CSM. Tout cela est une recommandation des femmes qui composent de façon équitable avec les hommes, notre nouveau bureau.

Là aussi elles se sont imposées à ce que les postes soient équitablement repartis entre les femmes, les hommes et les jeunes. C’est d’ailleurs la politique du genre prônée par Me Wade que nous appliquons à la CSM. L’organisation des vacances citoyennes des jeunes Sénégalais du Mali fait partie des résolutions.

Pour cela nous avons pensé à les faire occuper dans les travaux champêtres à l’Office du Niger. Nous voulons, à ce niveau, travailler pour l’autosuffisance alimentaire, une vision commune à nos deux chefs d’Etat.

Les Echos : Peut-on savoir les raisons qui vous ont poussé à ouvrir un siège ?


I. G. :
Mme le ministre du Tourisme et des Sénégalais de l’Extérieur nous avait conseillé au cours de sa dernière mission au Mali, dans le courant du dernier trimestre 2007, de nous organiser davantage, d’ouvrir un siège et de l’équiper.

Elle nous avait promis d’outiller le nouveau siège en matériels informatiques. Nous avons immédiatement pris les dispositions pour louer un bâtiment à l’Hippodrome, en y mettant l’équipement qu’il faut.

Nous sommes en train de nous connecter à l’Internet haut débit pour mettre en place un cybercafé et prendre toutes les dispositions afin que les Sénégalais et leurs frères maliens puissent se mettre à la page de la modernité.

C’est un lieu où nous pouvons nous retrouver pour échanger, nous instruire avec la bibliothèque que nous voulons ouvrir pour nous ouvrir aux autres cultures.

J’en profite pour remercier les ministres des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration africaine, le président de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, celui du Haut conseil des Maliens de l’extérieur, du maire de la Commune II.

Tout ceux-ci nous ont réconfortés par leur présence personnelle ou à travers leurs représentants. Nos remerciements vont à l’endroit de notre ambassadeur, qui s’est fait remarquer par un discours de haut niveau. Elle nous encourage dans tout ce que l’on fait et nous assiste.

Propos recueillis par

Abdrahamane Dicko

20 Mai 2008