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La trahison serait à l’origine de la débandade de l’armée dans le Septentrion malien. C’est la révélation faite par Ibrahim Boubacar Kéita, le président du RPM samedi dernier au CICB.

L’occupation des régions de Kidal, Tombouctou, Gao et une grande partie de la région de Mopti (4 cercles sont occupés sur les 7 qu’il compte) par les mouvements touaregs de la rébellion MNLA, Ançar Eddine, Mjuo, Aqmi… a été précipitée par « le retrait stratégique« des troupes régulières de l’armée malienne. Ceci est d’ailleurs un secret de polichinelle puisque cette stratégie de combat contre les assaillants, plutôt de leur laisser le champ libre, avait souvent fait l’objet de communiqués de la part du gouvernement malien.

Ainsi à la prise de Tinzawaten, le gouvernement avait reconnu que « c’est vrai, l’armée s’est retirée du camp de Tinzawaten et s’est repliée du côté algérien de la frontière, mais c’est un repli stratégique », déclarait le ministère malien de la Défense au lendemain, le 9 février 2012, de la prise de cette ville frontalière importante avec l’Algérie.

Les rebelles, touaregs du MNLA en effet, s’étaient emparés de Tinzawaten avec le contrôle des deux camps militaires, après deux jours d’affrontements avec nos forces gouvernementales.

Le même terme « de repli stratégique » sera développé partout où l’armée a déserté. Ainsi, nos forces armées n’auront pratiquement pas livré de bataille. Elles n’ont pas non plus eu la trouille, « mais elles ont été tout simplement trahies », a révélé samedi 23 juin, le président du Rassemblement pour le Mali (RPM), Ibrahim Boubacar Kéita, à l’atelier du regroupement IBK-Mali 2012 sur la sortie de la double crise au Mali.

Le président du RPM n’a pas révélé l’identité des « traîtres » qui ont conduit à cette situation d’occupation d’une grande partie du territoire national (les 2/3 dit-on), il n’en demeure pas moins que les regards sont tournés vers les chefs militaires et certains des éléments de l’armée sur lesquels de sérieux soupçons pèsent en l’occurrence l’ex-président de la République déchu ainsi qu’une partie de la hiérarchie militaire, du moins celle qui était sur le terrain et qui se retrouve présentement dans l’autre camp, c’est-à-dire du côté des groupes rebelles.

De toutes les façons, ATT et sa hiérarchie militaire balayés, devront rendre compte à la nation de la gestion calamiteuse de la rébellion et dont la conséquence a été le coup d’Etat du 22 mars. Souvenons-nous que le capitaine Amadou Aya Sanogo, chef des militaires qui ont renversé ATT avait expliqué cet acte posé par « l’incompétence » du régime ATT à gérer la rébellion.

Or cette incompétence ne peut se traduire de deux manières : par une volonté délibérée du pouvoir de ne pas doter les forces armées et de sécurité d’équipements adéquats pour assurer leur mission de préservation et sécurisation de l’intégrité du territoire ou par une information de l’ennemi des plans et activités (opérations) de l’armée régulière.

Dans l’un ou l’autre cas, la situation est suffisamment grave pour que des comptes soient rendus au peuple. Et pour avoir affirmé que l’armée a été trahie, le président du RPM Ibrahim Boubacar Kéita non moins ancien Premier ministre durant 6 ans, président de l’Assemblée nationale pendant 5 ans, sait de quoi il parle. Après la débandade de l’armée dans le Septentrion, de nombreux Maliens doutaient de la bravoure de leurs soldats et de leur capacité à reprendre le dessus sur les groupes rebelles.

Denis Koné

27 Juin 2012