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L’intervention surprise du président Ibrahim Boubacar Keita lors de son investiture, sur les causes des inondations récentes à Bamako sèmera, à coup sûr, la panique chez certains maires véreux. Connaissant le caractère autoritaire du nouvel homme fort malien, ils ne dormiront désormais que d’un œil. Car, Il a promis l’ouverture d’une enquête pour situer les responsabilités de cette tragédie.

En effet, il y a un peu plus d’une semaine, des pluies diluviennes se sont abattues sur Bamako et environs. Des pluies qui ont fait près d’une cinquantaine de victimes, selon les habitants des zones sinistrées. Même si ce nombre n’est pas celui donné par les autorités, il faut signaler que ces inondations laissent derrière elles, plusieurs dizaines de morts et des dégâts matériels incommensurables. Et les communes I et IV sont celles qui ont été les plus touchées. Mais ce sont deux quartiers des dites communes qui ont payé le plus lourd tribut. Le quartier de Banconi en commune I où certaines familles ont perdu plusieurs de leurs membres en plus de leurs biens emportés par les eaux et leurs maisons qui se sont écroulées. A Lafiabougou en commune IV, le bilan est aussi lourd car plusieurs personnes ont été emportées par les eaux. Généralement des personnes âgées et des enfants.

Dans ces différentes zones sinistrées, on pointe un doigt accusateur sur le manque de collecteurs pour le drainage des eaux de pluies. Ainsi que la construction anarchique des maisons à usage d’habitation sur des sites non appropriés pour cela. Des parcelles octroyées en bonne et due forme par certains maires véreux, qui ont morcelé et vendu ces sites sans tenir compte des risques que cela produire sur la vie des populations. S’y ajoutent le manque de curage des peu de caniveaux qu’il y a dans ces quartiers sinistrés qui servent plutôt comme dépotoirs pour les ordures ménagères.

IBK, déjà sur son cheval de bataille !

Ibrahim Boubacar Keita qui avait été taxé d’avoir gardé un silence assourdissant sur ce dossier a profité de son investiture pour exprimer son indignation. «C’est le lieu, chers compatriotes, de vous dire ma révolte et mon indignation tout en m’inclinant avec la plus grande piété et une compassion réelle sur toutes les victimes récentes de la cupidité de certains et que des eaux maîtrisables ont emportées, les arrachant à notre pays et aux leurs. », a-t-il dit.

Avant de promettre qu’une enquête approfondie devra établir sans tarder toutes les responsabilités, à l’origine de cette tragédie. Une déclaration qui a été prise très au sérieux par certains maires et conseillers communaux véreux qui, depuis leur élection ont fait de la spéculation foncière leur spot favori. Cette enquête, si elle est menée à bien, comme promis par le président de la République Ibrahim Boubacar Keita, permettra, à n’en pas douter d’épingler de nombreux maires de ces zones dont les noms sont cités à longueur de journée dans des affaires de spéculations foncières.

Ce n’est pas Adama Sangaré, maire du district de Bamako, qui dira le contraire. Lui qui vient d’ailleurs de passer un séjour prolongé à la prison de Koulikoro pour son implication dans une affaire de spéculation foncière, où il a eu suffisamment le temps de méditer sur son sort avant de bénéficier, il y a quelques semaines d’une liberté provisoire.

Georges Diarra

Tjikan du 6 Septembre 2013