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Le président sortant de l’Assemblée Nationale, Ibrahim Boubacar Keïta, candidat à sa propre succession à la députation en Commune IV a été réélu à l’issue du deuxième tour du scrutin du 22 juillet avec 51,59% des voix contre son rival Moussa Mara 48,41%. Cette victoire in extremis du président du Rassemblement Pour le Mali acquise grâce à l’appui des autres formations politiques vient de le sauver d’une éventuelle mort politique.

Le deuxième tour des élections législatives s’est déroulé le dimanche dernier sur toute l’étendue du territoire national et pour ce scrutin, il restait 134 sièges à pourvoir. Donc les différentes listes se sont lancées à l’assaut des électeurs afin de bénéficier de leur suffrage. Ce qui n’est pas chose facile dans la mesure où les élections ne préoccupent plus nos compatriotes. Ils ont décidé, dans leur grande majorité de bouder les urnes. Ce qui compromet sérieusement notre jeune démocratie.

LA COMMUNE IV A SUSCITE UN GRAND INTERET

Le cas de la Commune IV du District de Bamako où élit domicile Ibrahim Boubacar Keïta, président sortant de l’Assemblée Nationale a attiré plus d’un. Ce qui s’explique par le fait IBK était sérieusement menacé par son rival Moussa Mara. Puisqu’au 1er tour, les deux listes étaient au coude à coude, soit 31, 64% contre 30, 70%. Ce qui a donné plus d’enjeux au 2ème tour. Ainsi menacé, IBK et sa troupe ont multiplié les sorties dans la commune et les visites de courtoisie aux notables et chef religieux.

Dans l’ensemble, vote s’est déroulé dans le calme et la transparence, même si nous avons assisté de part et d’autre à l’achat de conscience.

IBK SAUVE IN EXTREMIS

Jusqu’à la preuve du contraire, la liste RPM est arrivée en tête à l’issue du 2ème tour du scrutin après une journée marquée par la démobilisation des électeurs. Avant 22 heures, les données étaient déjà disponibles, la liste RPM est donnée vainqueur avec 51,59% contre 48,41% pour la liste indépendante Moussa Mara.
Cette victoire d’IBK n’est pas surprenante pour qui connaît le lien entre le président du RPM et la population de la commune. Logiquement, on n’en serait pas à un second tour si IBK était resté en contact avec ses électeurs. Pendant les cinq dernières années, il s’est beaucoup éloigné de sa base d’abord, ensuite de ses sympathisants qui sont nombreux à Sébénikoro.

UNE VICTOIRE DUE AU SOUTIEN DES PARTIS

Ce succès, IBK le doit à des partis politiques qui ont décidé de le soutenir au deuxième tour. Il s’agit de l’ADEMA, de l’URD, du PARENA entre autres mais surtout à certains jeunes dynamiques de Sébénicoro, quartier qui lui a permis de devancer de loin son rival. Il s’agit entre autres du jeune conseiller municipal Daye Koné et de Moussa Keïta, tous de Sébénicoro.

Cette difficulté rencontrée par IBK pour sa réélection est un avertissement sérieux pour lui, il doit retenir que pour bénéficier du suffrage des électeurs, on doit entretenir les contacts avec l’électorat.

Malgré le soutien des partis amis, la compétition est demeurée très serrée entre les deux listes qui se sont partagées les huit quartiers. IBK a gagné dans 4 quartiers de même que Moussa Mara. Ainsi, IBK est arrivé en tête à Sébénicoro avec 1 361 voix contre 853 pour Mara ; à Lassa, IBK l’emporte avec 171 voix contre 125 pour son rival. A Sébénicoro et Hamdallaye, IBK a remporté respectivement avec 106 voix contre 76 pour Mara et 1 923 voix contre 1 684.

La liste Moussa Mara a gagné à Lafiabougou avec 2 777 voix contre 2 656 pour IBK ; à Djicoroni avec 1 879 voix contre 1 792 pour IBK. Et enfin à Kalabambougou et Taliko, Mara est arrivé en tête avec respectivement 239 voix contre 232 pour IBK ; 348 voix contre 385 pour IBK.

C’est à Hamdallaye et surtout à Sébénicoro que la liste RPM a créé la distance.

Mamadi TOUNKARA

25 juillet 2007.