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Au cours de l’entretien qui s’en est suivi, Ibrahim Boubacar Kéita a été catégorique : «On ne négocie pas avec un groupe armé » insistant sur le respect de l’accord de Ouagadougou qui stipule en son chapitre II article 6 que «la Commission Technique Mixte de Sécurité, présidée par le commandant de la MISMA/MINUSMA, doit élaborer dans les 10 jours suivant la signature du présent accord (ndlr 18 juin 2013) les modalités du cessez-le-feu incluant les arrangements sécuritaires, le cantonnement et le désarmement des groupes armés du nord du Mali….»

Un démenti aux informations qui circulent avec insistance ces jours-ci selon lesquelles l’accord de Ouagadougou n’évoque pas le désarmement des groupes armés.

L’article 10, pour sa part, stipule que «en application du cessez-le-feu les parties s’engagent à mettre en œuvre le cantonnement des groupes armés sous la supervision et le contrôle de la MISMA/MINUSMA dans des endroits définis conjointement avec la MISMA/MINUSMA».

Ce qui est loin d’être le cas. D’où cette insistance du chef de l’Etat réclamant non seulement le cantonnement des groupes armés et leur désarmement mais aussi une large implication de la MINUSMA sur le terrain.

On se rappelle, courant novembre 2013, la visite mouvementée du premier ministre Oumar Tatam Ly à Kidal. L’avion de la MINUSMA à bord duquel il se trouvait n’avait pas pu se poser en raison des manifestations de soi-disant indépendantistes aux abords de la piste d’atterrissage.

Auparavant, en prélude à la visite de Oumar Tatam Ly, la délégation gouvernementale comprenant les ministres de la sécurité, de l’intérieur et de la réconciliation nationale avait été accueillie à coup de pierres sur la piste d’atterrissage de l’aéroport de Kidal.

Pour Bamako, la MINUSMA et Serval ont mis de la mauvaise volonté à assurer la sécurité des ministres maliens sur cette partie du territoire national tenue par des groupes armés séparatistes.

Le chef de l’Etat a beaucoup insisté en présence de ses interlocuteurs sur le désarmement de ces groupes armés comme préalable à toute reprise des discussions. A ce sujet, il nous est revenu que la délégation onusienne, conduite par le Français Gérard Araud, a plutôt préféré mettre l’accent sur le cantonnement que sur le désarmement.

Le chef de l’Etat a aussi rappelé l’impératif de préserver l’intégrité du territoire national réaffirmant que «tout est négociable sauf l’indépendance ou l’autonomie».

S’agissant du processus des négociations, il a indiqué que le Mali doit s’approprier le processus de paix. Ce qui, selon lui, suppose que les discussions auront désormais lieu au Mali et nulle part ailleurs. Et lesdites discussions seront élargies à toutes les communautés du nord du Mali sans exclusive, explique-t-on du côté de Koulouba.

Les échanges ont également porté sur les discussions exploratoires d’Alger, une démarche qui, dit-on, a été saluée par la délégation du Conseil de Sécurité comme indispensable dans la gestion de la crise du nord.

La délégation onusienne a, par ailleurs, insisté sur la feuille de route du gouvernement relatif au règlement de cette crise. Auparavant, le président de la République avait salué le rôle joué par la communauté internationale dans la gestion de cette crise.


Abdoulaye DIARRA

L’Indépendant du 04 février 2014