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Le Président du Rassemblement pour le Mali (RPM), Ibrahim Boubacar Kéita dit IBK, vient de répondre à ceux qui pensaient qu’il allait prendre en main les destinées de notre pays à la faveur de la transition dans notre pays, après la période intérimaire de Dioncounda Traoré. IBK a répondu sans ambages que, s’il devait diriger notre pays, ce serait par la voie des urnes, et non par quelque autre procédure. C’était au cours de la conférence des cadres de son parti au CICB, le samedi 19 mai dernier.

En effet, pour conduire la transition après la période d’intérim du Président de l’Assemblée nationale, le nom du patron du RPM était l’un des plus cités. Certains susurraient même qu’il était l’homme de la situation, pour résoudre définitivement la crise dans les régions nord de notre pays. Et bien IBK vient de les prendre à contre-pied, en disant qu’il n’était pas prêt pour diriger une transition.

«Si je dois venir au pouvoir, ce sera par les urnes. Je ne veux pas qu’on me mette dans un chariot pour me placer à la tête du pays. Cela ne m’intéresse pas», a déclaré le leader du parti des tisserands. Pour le président du RPM, ce problème aurait du être résolu définitivement dans l’Accord cadre. C’est pourquoi il pense que ce document, de qualité certes et auquel tout notre ensemble national a adhéré, s’avère néanmoins insuffisant et incomplet. Il en veut pour preuve les aspects importants dans l’organisation de la transition n’ont pas été pris en compte.

D’où des questions qui se posent: «Que faire après l’intérim de 40 jours? Faut-il proroger automatiquement Dioncounda Traoré et en faire le Président de toute la période de transition? Peut-on faire ainsi, sans préjudice d’incompréhension ou de frustration de la part d’une partie de la population, lorsqu’en même temps on affiche un souci de pédagogie démocratique?» Du côté du RPM, on est convaincu que, si le pouvoir appartient au peuple, il doit être consulté. C’est cela la démocratie. C’est pourquoi, les Tisserands sont favorables à une consultation nationale, convoquée pour voie institutionnelle.

«Si cela est fait, nous y serons et nous prendrons toute notre place», a dit IBK. Avant de poursuivre: «on lui a annoncé 40 jours. On va au delà sans lui dire comment et pourquoi? L’ensemble national doit-il en convenir, pour s’apaiser et se rassembler? Ce simple souci, totalement légitime en démocratie, a été travesti en des positions politiques qui nous sont absolument étrangères».

Le RPM a le plus grand respect pour la CEDEAO et, surtout, pour les chefs d’Etat qui la dirigent. Mais le RPM souhaite seulement que nous soyons consultés. Dans ce sens, il fait référence à un éminent homme politique du siècle passé qui a dit: «mon oui n’a de sens qu’autant qu’il me soit permis de dire non». A ce titre, IBK est formel. Quelle que soit la solution qui s’imposera, il sera bon qu’elle soit partagée, comprise et acceptée. Le Kankelen Tigui a souhaité que nous dépassions très vite cette parenthèse politique pour faire face à l’essentiel, qui est menacé aujourd’hui. «On ne peut voir les souffrances des populations et rester là à se regarder en chiens de faïence. Ce n’est pas digne du Mali. Chaque seconde qui passe constitue une vie en danger», a-t-il conclu.

Youssouf Diallo

Le 22 Septembre du 21 Mai 2012