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Les 22 personnalités civiles et militaires qui avaient été arrêtées par la junte militaire, grâce à Allah soubahanahou wat’Allah, ont tous été libérées, saines et sauves sauf M. Soumaïla Cissé et M. Wally Sissoko qui souffrent de graves problèmes de santé.

Le Rassemblement pour le Mali (RPM) se félicite de cette libération, préalable à toute restauration de la confiance entre les différentes parties prenantes au moment où notre Mali a besoin plus de convergence que de divergence ; souhaite prompt rétablissement au camarade Soumaïla Cissé et souhaite désormais un respect par chacun et tous des principes sacro-saints de l’Etat de droit et des libertés individuelles.

Dans un communiqué largement diffusé depuis mercredi, le président du Rassemblement Pour le Mali (RPM) s’était inquiété des arrestations extrajudiciaires et a exigé la libération sans délai des personnalités arrêtées. Parce que pour IBK des arrestations extrajudiciaires ne pouvaient aller de pair avec le respect des principes sacro-saints de la légalité et de la liberté consacrée par notre Constitution l’Etat de droit, elles ne peuvent être que des « actes inacceptables » à condamner « avec la plus grande fermeté ».

Mais hélas, peine perdue. Ceux qui hier s’enorgueillirent de leur soudain engagement dans le combat politique (pour le retour à la normalité constitutionnelle) comme des apostats, se retournent avec hargne et bave contre celui qui faisait l’objet de leur fierté : IBK, son parti et l’alliance qui les accompagnaient.

Comme durant les sept dernières années, la voix du président du RM est encore une fois étouffée par la meute des manipulateurs et des fachos de la camarilla situationniste. Parce qu’on n’a pas entendu dire IBK ce que l’on voudrait entendre de lui, on choisit de ne rien entendre de ce qu’il a dit. IBK est resté silencieux face à l’arrestation illégale des 22 personnalités politiques et militaires parce que ça l’arrange, parce qu’il l’a voulu et conseillé à la junte !

On peut ne pas aimer quelqu’un, mais l’honnêteté et la morale exigent qu’on lui reconnaisse ses qualités (et ses défauts). Comment convaincre aujourd’hui les Maliens que celui qui a refusé de se compromettre et de s’aplatir devant Alpha, qui s’est démarqué des complots et des coup-bas contre une nomination-succession en 2002 ; celui qui affirmé haut et fort dès les jours de la nomination d’ATT comme président qu’il n’accepterait plus d’être nommé par décret ; et celui qui a refusé de plaire et de tout avaler pendant 10 ans dans l’unique de devenir président va-t-il accepter aujourd’hui d’être LE CONSEILLER OCCULTE d’une junte uniquement pour devenir président ?

Comment convaincre les Maliens que celui qui a refusé de prendre le pouvoir qui était à ses pieds en avril 2002, refusé de mettre le feu au pays et celui qui a catégoriquement rejeté les chants de sirènes des pyromanes pour inscrire son action dans le cadre de la loi en renonçant à une victoire que tout le monde lui savait acquise, va-t-il accepter aujourd’hui de pactiser avec une junte pour éliminer d’ex-adversaires une présidentielle dont nul ne sait désormais quand est-ce qu’elle aura lieu?

A victimisation permanente, « complot permanent ». Eh oui, sinon pourquoi cette constante logique accusatrice d’hurluberlu qui frise la méchanceté mesquine et diabolique. IBK est complice de ces arrestations parce qu’il ne les a pas dénoncées. Faux et archi faux, il l’a fait et de manière ferme.

Alors, IBK est complice de ces arrestations, parce qu’il n’est pas arrêté comme les autres ! Faux et ridicule, il n’est pas le seul ni des principaux leaders politiques ni des principaux candidats à la présidentielle à n’avoir pas été arrêtés.

Et combien des autres principaux leaders politiques et des autres candidats ont-ils fait une déclaration comme IBK pour condamner « avec la plus grande fermeté » ces « actes inacceptables » et demandé que soient libérées sans délai les personnalités arrêtées ?

Faut-il donc en conclure que tous ceux-ci sont complices de ces arrestations ? Faut-il en conclure que tous ceux qui comptent comme personnalités politiques de premier plan non arrêtées avaient un intérêt quelconque dans ces arrestations ? Non ! Non ! et Non ! Pourquoi alors IBK serait-il le seul de tous à avoir intérêt à leur arrestation si ce n’est pas délit de faciès et volonté constante de traîner l’homme dans la boue ? L’explication ne serait-elle une façon maladroite de renverser la charge de la preuve ? Et si on la renversait et posait la question : pourquoi eux et pas IBK ?

Parce que, homme d’Etat et républicain connu et reconnu, IBK, est en phase avec sa conscience, son idéal d’un Mali uni de paix et de concorde, mais aussi en phase avec les aspirations profondes des Maliens dans le recouvrement de leur dignité galvaudée, la restauration de la légalité démocratique et l’intégrité territoriale du Mali.

Parce que contrairement aux autres, le Kankelen Tigui ne souffle pas le chaud et le froid ; n’est pas du lot des agitateurs politiques qui réclament et saluent le retour à une vie constitutionnelle normale et tentent par la suite de torpiller l’accord-cadre qui consacre le processus de la normalisation. Parce que contrairement aux autres, IBK est un homme d’Etat pour qui force doit rester à la loi. Dura lex, sed lex !

La démocratie, ce n’est pas le fascisme. Ainsi, pour avoir refusé de s’agiter dans tous les sens dans le dessein hypocrite de ne pas être à la touche, en tenant des propos incendiaires comme « la transition a besoin de l’expertise de ATT », IBK doit être Sali par tous les moyens ?

IBK n’a pas été arrêté parce que « sur la foi d’indications précises et d’informations graves et concordantes », il ne se reproche rien et on ne lui reproche rien à IBK : ni de fomenter « un sale coup », ni d’avoir carotté quelque milliard que ce soit au préjudice de qui que ce soit.

Que de ragots n’a-t-on pas entendu sur le compte de l’homme depuis qu’il a quitté la Primature ? Que de missions d’enquête depuis, que de délations mensongères depuis, mais la réputation et l’honneur du Kankelen Tigi restent au Zénith, dans l’estime et le respect des Maliens.

IBK n’a pas été arrêté parce que contrairement aux montages grossiers, « le candidat le plus pauvre de la présidentielle » n’a pas donné d’argent, donc n’a pu donner de véhicules à la junte. Le camarade secrétaire général, le Dr Bocari Tréta, n’est pas non plus le seul des anciens ministres à n’avoir pas été arrêté.

Le Camarade IBK n’a pas été, les 10 dernières années de la camarilla de ceux qui se sont réfugiés dans le silence et dans l’allégeance serviles, de ceux qui ont suivi et accepté l’inacceptable, de ceux qui ont renoncé et abdiqué jusqu’à l’idéal et à la raison d’être du politique et du patriote…pour ne pas être inquiété par la police, la justice et la sécurité d’Etat.

C’est pourquoi, hier comme aujourd’hui, contrairement à beaucoup, les Maliens le croient lorsqu’il dit : « J’affirme les yeux dans les yeux que IBK n’a jamais volé et n’a jamais détourné un franc de l’État malien. En cette matière, chacun est le fruit de son éducation et de son ambition. Avec toute l’humilité et la modestie qui lui sied, IBK sait d’où il vient et quels ont été sa formation et son parcours (…) Je ne tomberai pas dans la prétention de dire que je suis le plus éthique des hommes d’État qui ont dirigé ce pays ; je dis tout simplement que je n’ai jamais accepté un centime ni bénéficié d’un avantage auquel je n’avais pas droit.

Je n’ai jamais utilisé mes fonds de souveraineté à la Primature ou à l’Assemblée nationale à d’autres fins que de conforter l’État et l’honneur et la dignité des serviteurs de l’État (…) Mon éducation familiale, mon parcours de militant et d’homme d’État, mes valeurs républicaines et ma vision de l’État ne peuvent m’incliner à voler ou à être complice d’un vol au détriment du peuple malien. (…) pour le Malinké que je suis, l’honneur passe avant toute autre considération.

Sur le registre de l’intégrité et du respect de la chose publique, nulle vanité, mais je marche la tête haute et je peux regarder quiconque dans les yeux pour dire : ne ma Mali ka dôrômè kelen dun (je n’ai pas volé un franc au Mali). »

Parce qu’il n’est pas comme d’autres poursuivis par la clameur publique comme étant de la bande de ceux qui se sont effrontément et impunément enrichis sur les souffrances et les misères des Maliens, il faut donc le faire passer comme un fou de pouvoir, quelqu’un ne reculerait devant rien pour le pouvoir.

Mais voilà comme les Maliens le savent, cet homme-là qui s’angoisse et pleure avec les pauvres et les désespérés, n’est pas un dopé du pouvoir. Autrement, ceux qui l’accusent savent qu’on n’en serait pas là. Du haut de leur montage grossier, ils savent que IBK n’a pas été inquiété parce que contrairement à toutes affabulations et aux manipulations intoxications véhiculées ces derniers, qu’il y n’a ni arme ni armée au Domicile d’IBK. Alors pourquoi devrait-il alors s’inquiéter ou être inquiété ?

IBK n’a pas été arrêté parce qu’il a quitté le FDR et parce qu’il serait l’allié la junte ? Mais alors pourquoi tous ceux qui sont du FDR n’ont-ils pas été arrêtés ? Les Maliens savent que le Kankelen Tigi, contrairement à ceux qui ont défilé à la TV pour féliciter la junte et lui faire acte d’allégeance, IBK a au contraire été l’un des rares à leur tenir un langage de vérité : « Nous avons à tout point de vu été dans l’honneur et la dignité. Quand il a fallu le tout premier de dire ce qu’un démocrate devait dire, nous l’avons dit.

Lorsque nous avons été invité, je dis bien invité, avec tout le respect à Kati et que nous avons été accueilli au niveau du jardin zoologique par un motard qui nous a ouvert la voie jusqu’à Kati, où nous avons trouvé certains responsables politiques assis sous la véranda là et que le capitaine a tenu à venir ouvrir ma portuaire pour m’accueillir et j’ai dit à la descente: j’ai eu l’honneur d’être invité par le capitaine SANOGO. Moi, je suis poli, quand on me respecte, je respecte. Telle a été mon attitude.

Je n’ai pas souhaité aller à Kati. Quand nous sommes montés, installés, il (SANOGO) a souhaité l’entretien à l’aise en faisant sortir tout le monde, à l’exception du lieutenant KONARE, pour vous dire que celui-là lui était très proche et c’est vrai.

Je dis ceci: «Si je venais ici, aujourd’hui invité par vous, vous tenir un langage de complaisance, vous n’auriez aucune raison de m’estimer, mais de me mépriser. Je me serais conduit en politicien de bas étage. Parce qu’il y a des armes autour, ce que j’ai dis dans ma déclaration, je viens de dire le contraire ici. Je ne suis pas cet homme-là.

Ce qui a été fait n’est pas admissible du point de vue du droit et de la démocratie. Je l’ai dit, pas pour vous faire du tord, mais pour être logique avec moi-même, conforme à mon réel et j’aurais participé encore à l’isolement de notre pays si ma voix, qui était entendue, avait dit autre chose que ce qui a été dit.

Donc, je crois que l’acte est posé, l’acte est condamné, il convient maintenant que nous trouvions les moyens de faire en sorte que ça ne pèse pas sur notre pays et que vous-mêmes puissiez être sauvés. Ceux qui vont venir ici vous tenir le discours de complaisance ne seront pas là demain à côté de vous quand vous serez interpellé par la justice universelle, internationale.

Le respect que vous me témoignez, la considération que vous avez pour moi me font obligation de vous aider. Et, je le ferai pour vous, pour mon pays, dans la clarté, dans la clarté. »

Voilà le Malinké, voilà le Kankélen Tigi, constant et toujours fidèle à Dieu, à sa conscience et au Mali. Voilà l’homme d’Etat qui ne peut se comparer à ceux qui discrètement sont partis s’écraser devant le chef de la junte, lui ont promis soutien et accompagnement comme avec le président ATT.

Contrairement à ceux qui espéraient et qui espèrent toujours pouvoir manipuler ou terroriser la junte pour tirer les marrons du feu avec toutes sortes de déclamations de ralliements ou d’activisme, et qui se présentent aujourd’hui comme les sauveurs de la Nation et de la démocratie, mais qui en réalité n’ont pas réussi à berner la junte ; IBK est jusqu’ici resté sur les principes, de manière ferme et responsable.

Parce qu’il n’a pas besoin de s’agiter pour usurper une espèce leadership et de légitimité, le président du RPM a-t-il pour autant capitulé ? Parce qu’il n’a pas la même vision agitatrice pour conforter la normalité constitutionnelle qu’il devient un putschiste ? Les Maliens ne sont ni des doux crédules ni amnésiques du parcours et des discours des uns et des autres.

Ils savent que ceux qui accusent aujourd’hui IBK de renoncement font partie de la camarilla qui hier a tout gobé avec ATT et qui aujourd’hui dans l’ultime bataille pour leur survie pioche dans le mensonge, la délation infâme, l’amalgame facile et le délit de faciès et que s’ils parlent aujourd’hui ce n’est pas pour le Mali mais uniquement pour leur survie.

Où étaient-ils hier lorsqu’en juin 2005 IBK exigeait du président ATT « de donner à notre peuple des signes d’espoir pour un lendemain meilleur » et « saisir l’opportunité que lui offre un contexte national et international favorable pour impulser un développement politique et socio-économique du pays, conformément aux principes démocratiques » ?

Où étaient-ils lorsqu’à la signature de l’accord d’Alger en juillet 2006, IBK appelait « à la vigilance de tous les patriotes, démocrates véritables et sincères, de notre pays, pour dénoncer et se désolidariser d’un « Accord » qui n’est d’aucune manière une garantie pour la sauvegarde de la paix dans le nord de notre pays » ? Où étaient-ils ? Ils étaient couchés quand IBK est resté seul debout pour dire NON. Oui, bien seul.

Quand il fallait défendre la démocratie et s’opposer à la bourgeoisie compradore et latifundiaire, c’est IBK qui est resté debout quand bien de braves par ces temps-ci étaient couchés ! Quand il a fallu dénoncer notre démocratie de façade et dire que la gestion du Mali était devenue néopatrimondialiste, BK fut bien seul quand beaucoup d’autres sirotaient le petit lait du « Mali qui gagne ».

Quand il a fallu dire NON aux accords d’Alger parce qu’il « n’est d’aucune manière une garantie pour la sauvegarde de la paix dans le nord de notre pays », le Kankelen Tigi fut seul, désespérément seul et traité de tous les noms par ceux qui crient aujourd’hui à l’intervention étrangère pour sauver le Mali. Mais où étaient-ils hier ?

C’est pourquoi, nous demandons au Camarade président d’assumer ses positions sans complexes et sans état d’âme parce qu’il est dans la vérité et le peuple aime entendre la vérité et partage la justesse de son combat. Depuis le 22 mars, contrairement IBK, beaucoup de ceux qui étaient confortablement couchés ont retrouvé de la voix, à la limite de la témérité dont ils s’étaient interdit pour leur survie politique.

Beaucoup qui tremblaient de pouvoir dire simplement un brin de vérité se sentent du coup une grande visibilité ; beaucoup se sont autoproclamés défenseurs de l’ordre constitutionnel, mais les Maliens savent qui étaient restés soi-même, qui avaient vendu leur âme et leurs convictions au poste et à la tranquillité politiques ; les Maliens savent qui est débout et qui se sont aplatis.

C’est facile de crier, urbi et orbi, à hue et à dia « retour à l’ordre constitutionnel », et d’avoir des velléités de déformer le droit, de le mettre à sa solde. Républicain et légaliste, IBK dit oui parce qu’il est fervent partisan du droit. Oui, droit, rien que le droit, mais tout le droit : dura lex, sed lex.

Ceux qui étaient couchés hier alors qu’il est resté debout aux côtés du peuple malien, malgré tout ce qu’on lui a fait subir, ne peuvent ni faire ombrage ni donner de leçon à IBK.

Bamako, le 21 avril 2012.

Nancouma D CAMARA

Section IV RPM, Bamako

Info-Matin du 24 Avril 2012