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IBK lors de la grande interview sur le bilan de ses trois ans au pouvoir
« Aujourd’hui, Kidal connait d’autres types de problèmes qui nous interpellent aussi… »

Le dimanche 4 septembre dernier a marqué les trois ans du président de la République Ibrahim Boubacar Keita au pouvoir. Trois années au cours desquelles, son régime a été confronté à des épreuves surtout sur le plan politique, social et sécuritaire. Mais pendant ces trois ans aussi, plusieurs réalisations ont été faites pour le bonheur des Maliens comme il l’a promis lors de la campagne électorale. A propos de ce bilan, il a parlé à cœur ouvert aux Maliens lors d’une grande interview qu’il a accordée à Sidiki N’fa Konaté, Directeur Général de l’ORTM accompagné par Alexis Kalambiry, directeur de publication du quotidien les Echos et vice-président de la Maison de la Presse.

Cette grande interview où les questions posées par les éminents journalistes Sidiki N’fa Konaté et Alexis Kalambiry reflétaient les aspirations profondes des Maliens a été l’occasion pour le président IBK de toucher à toutes les préoccupations des Maliens. Il s’agit entre autres de la paix, de la sécurité, de la réconciliation nationale. Mais aussi, des évènements socio-économiques, politiques, culturels du pays, l’école, la santé, l’emploi des jeunes, etc…
D’entrée de jeu, IBK a tenu à faire des précisions sur son état de santé. Selon lui, il se porte bien comme doit l’être une personne de son âge.
Parlant de la crise du Nord, il dira qu’il y a eu la signature de l’accord pour la paix et la réconciliation. Sur la question dit-il, ils ne changeront pas de cap.

« Aujourd’hui, Kidal connait d’autres types de problèmes qui nous interpellent aussi. Depuis la signature de l’accord de paix, l’armée malienne n’a jamais été face à un groupe armé, c’est un gain », a-t-il souligné.
Concernant l’armée malienne, IBK dira que pendant des années, les hommes n’ont pas été formés et n’ont pas été équipés normalement. Selon lui, il va tout faire pour que la défense du Mali soit assurée efficacement.
A la question de savoir à quoi sert la Minusma, IBK dira que sa mission a changé. De mission de stabilisation, dit-il, elle doit aujourd’hui faire face au terrorisme.

« La mission onusienne au Mali est la plus meurtrière que l’ONU ait connue. Les Maliens ne comprennent pas que la Minusma, avec les équipements dont elle dispose ne puisse rien faire lorsque des forains, des villages sont attaqués. C’est pourquoi, le Premier ministre Modibo Keita est allé porter le message du Mali aux Nations unies. Et son discours a convaincu plus d’un. C’est pourquoi, le mandat a été revu », a-t-il expliqué.
S’agissant de l’efficacité de l’armée, le président IBK a reconnu qu’un effectif fictif a été décelé par le ministre de la Fonction Publique Mme Diarra Racky Talla. Toute chose qui, selon lui, n’est pas sans conséquence. Cependant, il s’est dit habité par la volonté de donner à l’armée, les moyens d’assurer la défense nationale.

« Nous parcourons le monde et nous continuerons à le faire mais pas en touriste. Je suis payé pour le faire. Je partirai partout où il y’aura une oreille attentive pour la cause du Mali. », a-t-il précisé. Pour le président IBK, le Mali est un pays de braves et n’est pas n’importe quel pays dans ce monde car il fut depuis que de nombreux pays du monde n’existaient pas.
Parlant des antagonismes avec l’opposition, IBK a appelé à l’union sacrée autour de l’essentiel qui est le Mali. Il a promis de travailler à réduire les antagonismes. « Tous les pays du monde ont besoin d’union autour de l’essentiel », a-t-il déclaré.

Touchant du doigt le secteur du Développement Rural, IBK a indiqué qu’il a la volonté farouche d’accorder à ce secteur, la place qu’il lui faut pour le décollage économique du Mali. Pour ce faire, il a évoqué un certain nombre de mesures en cours notamment l’allocation de 15% du budget à ce secteur, le machinisme agricole, le projet de 1000 tracteurs, la baisse du prix des intrants, l’amélioration des conditions de vie et de travail du monde rural pour faire en sorte que le Mali devienne le grenier qu’il fut. Mais aussi, permettre qu’il y’ait de la valeur ajoutée sur les produits agricoles avec leur transformation au niveau local. Il a cité l’ouverture prochaine d’usines à cet effet pour le coton à travers un partenariat entre la CMDT et des partenaires Chinois.

Parlant de la situation foncière au Mali, IBK a indiqué qu’elle a atteint des sommets.

Il s’est dit triste de voir combien certains sont avides, cupides pour fouler au pied les valeurs humaines. Selon lui, certains achètent des superficies qu’ils vendent après ou les hypothèquent en banque pour avoir de l’argent. C’est pourquoi, il a promis une gestion rigoureuse du foncier au Mali.
S’agissant de la santé, il a félicité le ministre de la Santé Marie Madeleine Togo qui se bat admirablement et avec beaucoup de courage pour améliorer l’existant et offrir aux Maliens une meilleure offre de santé. Il a promis de faire en sorte que chaque Malien quel qu’en soit son revenu puisse se soigner au Mali.

Le problème d’emploi des jeunes n’a pas été occulté par IBK qui dira qu’il existe plusieurs niches d’emplois dont le secteur industriel. D’où la création d’un Ministère dédié à ce secteur.

Concernant l’éducation, il s’est félicité que le pari d’examens sans fraudes ait été gagné. Selon lui, le nombre d’admis par complaisance a diminué.
Parlant de la victoire contre Ebola, IBK a indiqué que les Maliens ont réussi l’exploit de contenir cette maladie.

« Lorsque nous avons décidé de ne pas fermer les frontières, notre courage était scientifique car nous avions la certitude que cela ne va pas causer l’entrée de la maladie au Mali. », a laissé entendre IBK. Qui poursuit que le Mali disposait d’une équipe médicale formidable.
Le président IBK a aussi parlé du quota des femmes aux postes nominatifs et électifs. Mais aussi de la cherté de la vie. Il a révélé d’ailleurs qu’à chaque conseil des ministres, une rubrique y est consacrée.
Bref, lors de cette grande interview, IBK aura touché à tous les secteurs et préoccupations des Maliens.

Cette grande interview qui était dirigée par l’actuel Directeur Général de l’ORTM Sidiki N’fa Konaté accompagné par Alexis Kalambiry a été diversement appréciée au niveau de l’opinion nationale.
Pour certains, IBK n’a répondu qu’à des questions taillées sur mesure. Pour d’autres, Ce débat était une véritable retrouvaille entre les Maliens et leur président qui leur a parlé à cœur ouvert.

Avec cette interview, le Directeur Général de l’ORTM Sidiki N’fa Konaté a décidé de quitter son bureau pour faire son travail de journaliste. Cela rentre aussi dans le cadre de la mise en œuvre de son plan managérial. Selon nos sources c’est une manière pour lui de montrer la voie à ses cadets. Mais aussi de rompre avec une pratique à laquelle les Maliens étaient habitués à un moment donné. Celle d’aller causer avec le président de la République autour du thé chaque 8 juin. Alors que pour l’interview autour des trois ans d’IBK au pouvoir avec Sidiki N’fa Konaté et Alexis Kalambiry, les questions posées au président de la République reflétaient les véritables préoccupations des Maliens et leurs aspirations profondes. Des questions qu’il a répondues à cœur ouvert.
D. D

Tjikan du 6 Septembre 2016