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Présentant ses vœux à l’occasion du Nouvel an 2013, le président du Rassemblement pour le Mali (RPM), Ibrahim Boubacar Kéita (IBK) a invité le Président de la République par « intérim », Dioncounda Traoré, à respecter ses engagements quant à la tenue de la concertation nationale en vue de respecter les échéances de la transition fixées par la communauté internationale et la Cedeao.

Le président du Rpm, Ibrahim Boubacar Keita, s’est livré à une analyse sans complaisance de la situation sociopolitique et sécuritaire du Mali avant de présenter ses vœux de Nouvel an à la nation malienne à travers la presse.
Pour Ibk, le Mali traverse l’une des plus graves crises depuis son indépendance. «Une crise multidimensionnelle qui touche à tous les segments du pays, avec la fuite de plus de 400 000 citoyens maliens et plus 250.000 sont réfugiés dans les pays voisins».

L’ancien Premier ministre a indiqué également que notre pays connait une crise économique des plus aigues, avec la suspension de l’aide internationale et de la réduction du niveau de coopération avec les partenaires bilatéraux et internationaux. «Cette conjoncture devrait pousser le peuple malien à se hisser à la hauteur attendue, et à ne pas céder aux petits jeux ou aux calculs de positionnement ».

Dans une démarche responsable, le président du parti du tisserand a dénoncé les comportements qui ont mené le pays à cette situation. Avant d’inviter le gouvernement à entreprendre toutes les actions utiles pour sauver le pays du désastre. « Il ne saurait être question pour nous de justifier ou taire les errements qui nous y ont conduits et mis une grande partie de notre peuple sous un joug. La population du Nord a besoin d’être libérée, évitons donc des jeux de reconquête sournoise d’un pouvoir. Attention, ne jouons pas avec la sensibilité d’un peuple déjà meurtri, bafoué. Nul ne peut et ne doit décider en lieu et place du Mali», a-t-il averti

Dioncounda Traoré doit tenir son engagement

Parlant de la transition, Ibk a interpellé le Président de la République à respecter son engagement à tenir la concertation nationale. Selon lui, tenir les engagements n’est pas et ne saurait être une question d’orgueil, mais plutôt une question d’honneur et de crédit.

Ibk estime que l’une des attentes de la concertation nationale est l’élaboration d’une feuille de route. Malheureusement, l’ancien Premier ministre est resté sur sa faim avec la dernière décision de Dioncounda.

Or, le président du Rpm souhaite ardemment l’organisation de la concertation sous l’égide des autorités de la transition, pour définir le processus de la transition avec les deux priorités à savoir la libération du nord et l’organisation des élections.

Mais selon IBK, le Président Dioncounda Traoré, en annonçant dans son discours à la nation à l’occasion du Nouvel an que l’Assemblée nationale adoptera la feuille de route, semble lui attribuer le rôle qui devrait être celui de la concertation nationale. IBK a demandé au président Dioncounda de tenir dans un bref délai les concertations nationales, afin de permettre à l’ensemble des forces vives de décider du sort du Mali «Nul ne saurait décider à la place de nous, Maliens. Nous devons nous unir, nous donner la main, pour barrer la route à la tentative de restauration à laquelle nous assistons».

Toutefois, l’homme d’Etat a souhaité de tout son cœur, que son aîné Dioncounda Traoré réussisse la transition, mais pas dans la voie où il s’est engagé

Échéance de la transition fixée par la Cedeao pour avril-mai 2013
Cette date doit consacrer la fin de la transition avec la tenue des élections pour la mise en place des autorités légitimes à la tête du pays. Pour Ibk, on a l’impression que certains tiennent à reporter les échéances. «Ce temps ne saurait en aucun cas, être celui des petits jeux et des calculs de positionnement politicien.»

Face aux exigences de la communauté internationale, Ibk a souligné des inquiétudes sur la tenue des élections, à trois mois de la fin de la transition où le fichier électoral n’est pas encore prêt. Malgré l’adoption par le Conseil de sécurité de la résolution 2085. Pour Ibk, certes on doit préparer les élections, mais il n’est pas question de tenir les élections sans nos parents du nord.
Oui aux négociations, oui au dialogue, mais sous l’égide du Mali.

Parlant de l’intervention militaire au nord, IBK est resté prudent sur l’opportunité d’une offensive. «Nous devons avoir le cœur incandescent, mais la tête froide. Nous n’avons pas droit au moindre échec car tout échec se payera cher», avertit t-il. IBK souhaite toutefois que l’effort diplomatique pour rassembler les moyens soit poursuivi, en même temps que la préparation des élections. Pour l’ancien Premier ministre, le gouvernement est le seul qualifié, sous la conduite du président de la République, à entreprendre les négociations avec l’appui possible de facilitateurs dûment accrédités. Il estime que cette vision n’est point un souverainisme hors de saison, mais une question de principe universel.

Nouhoum DICKO

07 Janvier 2013.