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Sur le ton ferme qu’on lui reconnait, Ibrahim Boubacar Keïta s’est, encore une fois, montré menaçant envers ceux qui «broutent» la République. Faisant allusion aux milliards de manque à gagner que les rapports du Vgal et de la Casca ont mis à nu, le Président de la République a rappelé, hier, après son vote, que compte sera rendu de ces sommes faramineuses. S’il a donné l’assurance de n’aller à aucune chasse aux sorcières, le chef de l’Etat a tout aussi indiqué que ceux qui se sont crus assez malins pour jouer à ce jeu en seront pour leur frais. Lisez sa réaction !

«Je place ce vote sous le signe du renouveau du Mali. Vous savez, je l’ai dis pendant la campagne : Je dis, je fais. Je crois que cette journée est une belle journée. Il y a un peu de brume, mais ce n’est pas aussi mauvais que ça. Cela va adoucir le climat. Ce second tour va consacrer le retour sur un socle de grande légitimité de ce pays. Cela nous donnera plus de force, de puissance pour dire le Mali. Et le Mali en a besoin. Ce qui a déjà été fait nous a mis en position de dire le Mali partout, avec honneur, avec dignité, sans aucun complexe. Quand on a un peuple comme celui-ci derrière soi, avec soi, aucune lâcheté n’est permise. On dit le Mali, on fait avancer le Mali. C’est ce que nous essayons de faire depuis maintenant, m’a-t-on dit, cent jours […]. Cela est une pratique journalistique. Je m’y soumets.

Ce jour est une consécration quelque part, mais ce n’est qu’un début, hein. Ce n’est qu’un début et tout le monde doit savoir que nous ne sommes qu’au début. C’est un processus qui sera long. Une nouvelle transition qui, cette fois-ci, est une transition totalement légitime. Mais il nous faut interroger tout notre système, toute notre façon de faire jusqu’ici. Faire une introspection sans complaisance de tous les errements qui nous on conduit où ils nous ont conduit, de tous ce qui n’est plus tolérable et qui ne sera plus toléré.

Ce peuple a besoin d’être contemporain de son siècle. Et il est des choses que l’on peut faire par nous-mêmes, que l’on fera par nous-mêmes. Ces sommes fabuleuses qui ont été détournées à d’autre profit que celui du peuple malien, compte en sera rendu. Et tous ceux qui se sont crus assez malins pour jouer à ce jeu-là en seront pour leur frais. Je l’ai dit à ce peuple là, je l’ai dit et je le ferai, incha’Allah. Sans aucun état d’âme. Il n’y aura aucune chasse aux sorcières, tout sera transparent. Mais rien ne sera à l’ombre. Rien. Ce que vous savez, qui m’arrive par rumeur, je le sais, j’attends, moi, que les dossiers me confirment les choses. Chaque fois que les dossiers confirment et qu’il est souhaité que justice en connaisse, justice en saura et ira jusqu’au bout. Nulle entrave, nulle entrave ne lui sera faite. Pourvu qu’à son tour, elle fasse en sorte d’être irréprochable […]. La femme de César ne saurait être reprochable de quoi que ce soit. Elle est supposée en tout cas être pure.

Donc, aujourd’hui est un très grand jour pour moi. Un jour de réaffirmation du Mali, de sa santé, de son désir ardent d’être à l’unisson des peuples du monde qui comptent. Des peuples qui sont respectés par leur comportement à l’intérieur, leur comportement moral et éthique, tel qu’était ce Mali dont nous nous vantions […]. Je souhaite que, en le Parlement, il y ait des hommes et des femmes soucieux non pas d’eux-mêmes, des avantages parlementaires, mais soucieux du Mali et de faire avancer le Mali. Qui sont vraiment les porte-paroles de ce peuple du Mali qui les envoie dans le grand vestibule. Qu’ils y soient avec dignité. Le terme «honorable» qui est consacré pour désigner un député ne doit pas être un vain mot, hein. Un député doit être honorable dans son comportement, dans son dire, dans son être. Cela seul confère l’honorabilité. Et c’est ce que je veux dire ici aujourd’hui […]. Je souhaite vraiment une bonne fête électorale à tous les Maliens et à toutes les Maliennes».

Propos recueillis par Bakary SOGODOGO

Le Prétoire du 16 Décembre 2013