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Investi par son parti dont il préside les destinées pour briguer la Magistrature Suprême de notre pays, Ibrahim Boubacar Kéïta, en déclarant qu’il est candidat “par mission et par devoir. Oui par mission, s’il est vrai que l’objectif de tout parti politique est la conquête du pouvoir politique pour mettre en oeuvre le projet de société qu’il propose à ses concitoyens et appliquer le programme qui doit le traduire en réalités concrètes”. Le candidat a-t-il les moyens de ses ambitions et de quels arguments de campagne dispose-t-il pour convaincre nos compatriotes à lui accorder leurs suffrages en grande majorité?

Le parti du Tisserand a tenu son deuxième congrès ordinaire le week-end dernier. Y ont pris part les délégués des six communes du District de Bamako, ceux de l’intérieur et aussi ceux de l’extérieur. Dans l’ensemble, les 57 sections du parti ont répondu. En marge du congrès du Bureau Politique National, se sont tenus celui des jeunes et des femmes. A ce niveau, il n’y a pas eu de changement notoire, puisque les présidents sortants ont été reconduits, Moussa Tembiné pour les jeunes et Mme Sangaré pour les femmes.

LES TROUPES GALVANISEES

Pour ce qui est du BPN, un nouveau bureau de 68 membres a été mis en place. Il est toujours dirigé par Ibrahim Boubacar Kéïta, mais des aménagements importants ont été apportés dans la composition du bureau. Bakary Konimba a quitté le poste de secrétaire politique, et devient vice-président. C’est Nancoman Kéïta qui est le nouveau secrétaire politique du parti.

Le parti, en se dotant d’une nouvelle direction, tente de renforcer l’unité et surtout de s’assurer du dynamisme de l’ensemble des membres afin qu’ils soient plus des hommes de terrain que de bureaux.
La tenue de ce congrès a été l’occasion pour la famille RPM de se retrouver et de discuter. Elle a permis aussi de galvaniser les militants et militantes à un peu moins de trois mois des élections présidentielles.

Les propos d’IBK ont mis en confiance les militants et on attendait par-ci et par-là. “Le président est fortement engagé”. La satisfaction des militants réside dans le fait que le président IBK a critiqué ouvertement la gestion du pouvoir d’ATT. Des extraits de son discours l’attestent bien. Parmi eux il y a ceci : “Pourquoi notre peuple serait-il appelé à plébisciter un système dont il se rend compte avec clarté qu’il a profité de circonstances historiques particulièrement favorables pour lui imposer une imposture démocratique?”.

Ces propos d’IBK laissent entendre que la gestion actuelle des affaires publiques est contraire aux principes républicains. En outre, il dira que le régime d’ATT est aux antipodes de la démocratie.
Entre autres, ces propos d’IBK ont rassuré les militants et sympathisants et ont laissé voir sa détermination à aller coûte que coûte à Koulouba.

LA DETERMINATION D’IBK EST-ELLE SUFFISANTE ?

C’est là toute la question et elle a son importance. L’élection au poste de président de la République n’est pas chose facile, primo, il faut que le parti soit implanté sur l’ensemble du territoire national où du moins le candidat indépendant doit être sérieusement représenté dans toutes les localités.

Des propositions ont été faites par le candidat. D’abord, l’Etat : au stade actuel, il estime que ce qu’il mettra en place sera différent de celui d’ATT “un Etat fondé solidement sur le règle du droit. En sorte qu’il suffise de le dire pour assurer l’harmonie sociale et la quiétude politique et économique. Un Etat impartial et non partisan, un Etat non patrimonialiste”.

Aussi, le candidat propose de mettre en place une autorité fondée sur le droit et le dialogue permanent avec le peuple, notamment à travers un système de concertations générales à l’échelon national et à celui régional. Les grands chantiers d’IBK sont entre autres l’éducation, la santé.

Quant à l’éducation, le candidat RPM aura moins d’arguments à convaincre nos concitoyens dans la mesure où lui-même à la tête de l’ADEMA n’a jamais pu asseoir la stabilité au sein de l’enceinte scolaire. Et pire, c’est lui qui à décrété l’année blanche en 1994 et puis les années facultatives.

Peut-être qu’il pourra faire d’autres propositions dans d’autres domaines tel que l’emploi qui intéresse la majorité de nos populations.

Malgré toutes ces propositions faites par le candidat et les critiques contre le gouvernement, la réalité est toujours dans les urnes. Les propos qu’il tient en ce moment sont-ils suffisants pour lui permettre d’avoir le suffrage des électeurs?

Mamadi TOUNKARA

31 janvier 2007.