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‘’Vous pouvez bafouer nos droits, croire nous humilier, vous ne pourrez jamais, ni nous déshonorer, ni nous abattre. Le RPM est un grand parti. Il a été créé pour la conquête et l’exercice du pouvoir. Nous espérons bien que le RPM aura un candidat. Notre peuple qui est très vigilant saura vous juger et tirera toutes les leçons et toutes les conséquences pour sa survie et son avenir’’.

Ces propos sont de feu Kadari Bamba, à l’occasion de la mise en place du bureau de l’Assemblée nationale en 2005 suite à ‘’l’exclusion’’ du RPM et du RDT dudit bureau.

Il a marqué l’hémicycle de 1997 à 2005. Gros travailleur, rigoureux, méticuleux et disponible. Il a marqué les esprits lors du renouvellement du bureau de l’institution en 2005. Chaque année, le bureau de l’assemblée nationale est renouvelé, exception faite du poste de Président. Ce dernier est élu pour 5 ans. Il faut situer le temps dans son contexte. C’était le fameux consensus autour des idéaux de Amadou Toumani Touré. Ce jour, le consensus a volé en éclat. Face à cette situation, le groupe parlementaire RPM-MPR-PIDS-RDT a fait une déclaration fracassante dont copie a été remise à la presse. Nous publions ici une partie de cette déclaration.

‘’Ce 14 octobre 2005 restera tristement célèbre dans les annales de la lutte pour la démocratie. Oui, hélas ! Comment comprendre ce qui vient de se passer sous le regard incrédule de tout notre peuple’’ s’interrogeait le regretté Kadari Bamba?

‘’Depuis deux semaines, plus fortement depuis la rentrée parlementaire du 03 octobre 2005, la presse nationale, avec honneur et dignité rappelle, interpelle, conjure d’arrêter la machine infernale dirigée contre la démocratie et ses principes élémentaires. Rien n’y fit et rien n’y fera : Il a été décidé et convenu de faire en sorte de provoquer ouvertement et grossièrement le groupe majoritaire à l’assemblée nationale. Il compte 49 élus et son suivant est crédité de 35.

Oui, pour assouvir nous ne savons quel dessein, tous les groupes parlementaires excepté le groupe RPM-MPR-PIDS-RDT ont été entrepris en tant que groupe par de prétendus émissaires et par des membres du bureau de l’assemblée nationale pour former une soi-disant majorité présidentielle. En vérité, nous assistons à l’ouverture prématurée de la campagne électorale de 2007.

L’objectif est d’affaiblir le RPM et son président avant les élections générales de 2007, voire si possible l’isoler, l’abattre.

C’est pourquoi donc notre groupe refuse de trahir le peuple malien qui nous a massivement envoyé en ces lieux, pour faire des lois en ses nom, lieu et place. Notre peuple apprécie déjà ce qui est en cours ici.

Vous pouvez bafouer nos droits, croire nous humilier, vous ne pourrez jamais nous déshonorer, ni nous abattre.

Formez donc le bureau tel qu’il vous a été instruit de le faire. Formez-le! Mais sans nous. De la même manière vous formerez, sans nous, les bureaux des commissions. Notre peuple qui est très vigilant saura vous juger et tirera toutes les leçons et toutes les conséquences pour sa survie et son avenir’’.

IBK plébiscité

Aujourd’hui, pour sa survie et son avenir, le peuple malien a confié son destin entre les mains du Président du RPM Ibrahim Boubacar Kéita, élu à la majorité écrasante. L’histoire vient ainsi de donner raison à feu Kadari Bamba, un homme de conviction. Que son âme repose en paix !

Feu Kadari Bamba était un homme politique, cadre émérite de son Etat et du RPM. Il est né en 1936 à Sikasso et est mort par suite d’un accident de circulation le 03 novembre 2005 à Bamako. Après des études primaires à Sikasso puis des études secondaires au lycée Terrassons de Fougères ( actuel Lycée Askia Mohamed), Kadari Bamba poursuit ses études en France à Besançon puis à l’École Supérieure du Bois de Paris où il obtient un diplôme d’ingénieur[].

Pendant ses études en France, il adhère à la section française du Parti africain de l’indépendance (PAI) créé en 1957. Au Mali, il crée avec feu Abdrahamane Baba Touré et bien d’autres le Parti malien du travail (PMT). []Après le coup d’État militaire de Moussa Traoré, il lutte dans la clandestinité au sein du PMT et dénonce le régime militaire. Il est emprisonné à Ménaka en 1969-1970[].
Après le coup d’État mené par Amadou Toumani Touré, il est nommé le 5 avril 1991 dans le gouvernement de transition au poste de ministre des Mines, de l’Hydraulique et de l’Eau.

En 1993, Kadari Bamba est nommé secrétaire général de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).

En 1997, il est élu député de la commune V de Bamako sous les couleurs de l’Adema. Avec IBK, ils créent le Rassemblement Pour le Mali. Il est réélu en 2002 dans la même circonscription électorale. Il est élu président du groupe RPM de l’assemblée nationale. Il est considéré comme une grande figure du parlement par l’ensemble des députés[]. En 2002, il publie avec Abderhamane Baba Touré un livre intitulé ‘’La contribution du Parti malien du travail (PMT) : à l’instauration de la démocratie pluraliste au Mali[‘’].

Mariam Ben Barka

29 Août 2013