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Elu président de la République, Ibrahima Boubacar Keïta devra être l’artisan d’une vraie révolution au Mali. Homme de poigne, pétri d’expérience, Ibk devra, de manière lucide, gérer les nombreux vautours qui gravitent autour de lui afin qu’on ne retombe pas dans les travers qui ont mis notre pays sens dessus, sens dessous. Il en est capable et avec la légitimité de son pouvoir, il a les coudées franches pour conduire cette révolution tant attendue.

Soumi, après sa défaite, vient de donner par son acte républicain une leçon de démocratie qui restera longtemps dans l’esprit des Maliens. Ainsi, le Mali signe son retour à la démocratie. Il a enregistré une participation record et une élection des plus apaisées. Son processus électoral, en deux semaines, a connu un dénouement heureux, à la satisfaction des Maliens et de la Communauté internationale. Qui croyait vraiment en cette victoire électorale du Mali ? Personne ! Cette victoire a été tellement belle et une réussite parfaite, qu’elle a mis les oiseaux de mauvais augure en déroute.

Les chantiers qui attendent le nouveau locataire de Koulouba sont énormes. Il doit restaurer un pays en lambeaux, tout en mettant fin au cafouillage politique afin de faire triompher la démocratie. Ibk devra tout mettre en œuvre pour assainir la vie politique, socle sur lequel il devra se reposer pour mener à bien sa gouvernance. Nous avions tous critiqué la gestion consensuelle du pouvoir défunt. Il doit, lui, l’éviter.

Dores et déjà, une opposition se dessine ; une opposition qui se veut une force de propositions et constructive. Elle surveillera le pouvoir comme du «lait sur le feu».

Le nouveau président mettra certainement fin au règne des laudateurs et autres béni oui-oui. Que n’ont-ils pas fait pour ruiner l’Etat et le conduire à la débâcle qu’on connait ? Ceux sont eux, les laudateurs, qui ont ruiné l’Etat et mis notre Nation en faillite.

Ibk doit tout mettre en œuvre pour écarter tous ceux qui ont, d’une manière ou d’une autre, participé à la faillite de notre Patrie. Ainsi, il doit empêcher les opportunistes de tous acabits d’arriver à leurs fins, parce qu’avides de pouvoir. Ils n’ont certainement rien compris, car le président Ibrahima Boubacar Keïta a déjà promis à la future opposition tout le respect qu’elle mérite. Il mettra fin à toute ambiguïté entre le contre-pouvoir et le pouvoir. Homme politique de grande expérience, ce futur locataire de Koulouba mesure toute l’importance d’une opposition crédible dans un régime démocratique et il ne se laissera pas avoir.

Soumaïla Cissé a, quant à lui, promis et il est plus que déterminé, avec d’autres partis, à animer l’opposition politique au Mali. Wait and see !

Le président Keïta doit maintenant faire face aux promesses électorales nombreuses qui pourraient le nuire dans sa gouvernance. Il doit mettre fin aux rumeurs, surtout, quand on sait que beaucoup de candidats à la présidentielle ont reporté leurs voix sur lui, parce que mieux placé pour gagner, et avec comme seul objectif de se voir confier un portefeuille ministériel ou un poste où l’on pourrait se beurrer. Voilà un jeu dans lequel il ne doit pas se laisser entraîner par qui que ce soit, au non d’un soi-disant report de voix, alors que la victoire était à portée de ses mains. Dans tous les cas, le président doit comprendre qu’un tel jeu ne sert nullement la Nation malienne.

Pour une bonne gouvernance, le pays regorge d’honnêtes et compétents citoyens capables d’aider le président de la République à mettre le pays débout, même s’ils ne sont pas du même bord politique que lui ; et cela, dans l’intérêt du Mali. C’est aussi çà le vrai changement : l’homme qu’il faut, à la place qu’il faut.

Nous nous attendons à ce que le président élu des Maliens nous sorte de la politisation artificielle de l’Administration, du clanisme et du clientélisme qui ont longtemps gangréné notre administration. Nous croyons en Ibk et nous pensons qu’il ne va pas se prêter à ce jeu dangereux des politiques. Les Maliens lui ont fait confiance et il sera le seul comptable de son bilan devant le peuple souverain du Mali. Qu’ils se souviennent qu’Amadou Toumani Touré avait beaucoup de fans quand il présidait aux destinées du pays, mais très peu de ceux qui étaient avec lui ne défendent pas aujourd’hui son bilan et son héritage. Pauvres de nous !

Le président Ibk sait plus que tout le monde qu’il a une obligation de résultats. Il faut dès à présent que les premiers actes qu’il posera en tant que président de tous les Maliens, soient assez significatifs. Les Maliens ont tous les regards dardés sur lui et le premier gouvernement qu’il mettra en place. Une des plus grosses épines du nouveau locataire de Koulouba est la question du nord. C’est là un des dossiers que le président et le futur gouvernement doivent gérer avec la plus grande diligence. Dans tous les cas, le président Keïta a promis de ne pas gérer ce problème avec légèreté. Nous attendons les cent jours du pouvoir d’Ibk, pour avoir la preuve que c’est l’Homme qui est capable de mettre le Mali débout.

Bara de DARA

Notre Printemps du 19 Août 2013

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Quinquennat d’Ibk : quelle sera la recette miracle de la Première Dame ?

Courtisée et adulée, la nouvelle Première Dame est très attendue pour accompagner son époux dans le redressement du pays. Quelles peuvent donc être les recettes de Mme Kéïta Aminata Maïga pour satisfaire la demande sociale ?

En Afrique, le rôle des Premières Dames est souvent ambigu, car elles sont au début et à la fin de la gestion du pouvoir.

Au Mali, les épouses de chefs d’Etat qui se sont succédées, ont marqué la vie publique d’une ou d’une autre manière. Si la femme du premier président, Modibo Kéïta, Kéïta Mariam Traoré était très effacée à cause du contexte du moment, l’épouse de Moussa Traoré, quant à elle, a joué à tort ou à raison un rôle dans la gestion du pouvoir. Traoré Mariam Sissoko a eu même maille à partir avec certains ministres et autres fonctionnaires à qui elle imposait sa volonté.

De son côté, Adam Ba Konaré a eu une idée originale en créant la Fondation Partage afin de mettre en pratique ses ambitions, aux cotés de son époux qui venait ainsi de prendre les rênes d’un pays sur la voie de la démocratie. Ainsi, nombreux étaient nos compatriotes qui ont su apprécier le dynamisme de la bonne Dame qui était très active dans plusieurs domaines. Mais, d’aucuns lui prêtaient l’intention d’avoir travaillé en solitaire.

Att au pouvoir, sa femme Touré Lobbo Traoré, par le biais de la Fondation pour l’enfance, s’est investie dans les activités sociales sur l’ensemble du territoire. Mais, elle a été aussi accusée, à tord ou à raison, de faire des affaires avec certains opérateurs économiques. A la faveur de la transition que son époux, Dioncounda Traoré, a dirigé le pays, Traoré Mintou Doucouré n’a pas eu le temps de créer une Fondation, mais a mené en un laps de temps de nombreuses activités en faveur des couches défavorisées. A son actif, la visite de la compagne du président Français qui a effectué une visite humanitaire à Gao. Hormis ces actions, la Première Dame de la transition n’a pas trop brillé et certains observateurs estiment qu’elle n’a fait que voyager avec ses amies et proches, pour rien.

A l’heure du bilan, on se demande quel héritage va laisser au peuple malien par Keïta Aminata Maïga, l’épouse d’Ibk ? La nouvelle Première Dame n’aurait pas la même faveur que ses devancières, en raison du contexte social du Mali post-crise. Néanmoins, on se demande si elle va continuer à évoluer avec son Ong «Agir» très active dans le domaine de l’environnement et du développement durable, comme au fort moment du règne de son mari à la Primature. En tout cas, les tâches qui l’attendent sont immenses et exigent d’elle une approche plus originale afin de combler le vide laissé par l’intérim. Mais à présent, Keïta Ami Maïga doit faire attention aux courtisans qui se bousculent à sa porte, car c’est là où tout commence.

Aussi, reste maintenant à elle de se positionner pour jouer sa partition dans le cercle restreint de Premières Dames. En tout état de cause, les Maliens ont un regard sur elle et elle sera jugée à travers les actes qu’elle aura à poser.

Alpha Mahamane CISSE

Notre Printemps du 19 Août 2013